9 juin 2012 - 5 réactions
Vincent Petit, de Lannion, le propriétaire du cheval, estime qu'il existe un lien de causalité direct entre la présence d'algues vertes sur la plage et la mort de sa monture et que la responsabilité de l'État est, de ce fait, engagée.
En septembre2009, il avait demandé au préfet des Côtes-d'Armor une indemnité en réparation des préjudices subis. Requête rejetée. D'où la demande de M. Petit auprès du tribunal administratif d'annuler cette décision et de condamner l'Etat à lui verser près de32.000€. L'affaire a été examinée le 1erjuin à Rennes.
«Carences de l'État»
M.Petit, sur la base d'analyses révélant la présence d'hydrogène sulfuré dans les poumons de son cheval ainsi que dans son sang, considère que la mort de sa monture est liée directement à la présence, dans la vasière, d'un gaz toxique issu de la putréfaction d'algues vertes en décomposition. Il met ainsi en cause les «carences de l'État», tant dans l'exercice de ses pouvoirs de police des installations classées que de police spéciale de l'eau.
Par ailleurs, il reproche au préfet de ne pas s'être substitué au maire de la commune pour signaler la présence d'une vasière dangereuse.
«Pas de cause directe»
Le rapporteur public - chargé de la défense de l'État - considère, quant à lui, que l'inhalation d'hydrogène sulfuré, «qui a, sans doute, eu pour effet d'aggraver le dommage (...) n'en est pas pour autant la cause directe». Et de s'appuyer sur un «rapport d'autopsie très prudent (...) qui n'en déduit pas que ce gaz toxique provient uniquement de la décomposition des seules algues vertes (...). Une vasière est un mélange sédimentaire visqueux qui connaît en son sein un développement bactérien intense (...) une poche qui produit notamment du gaz (...). Les conséquences de cette situation auraient probablement été analogues si cet accident s'était produit dans une vasière de même dimension située ailleurs».
Le rapporteur public estime donc que c'est «l'enlisement dans une vasière non signalée pour sa dangerosité (...) qui constitue la cause adéquate des préjudices».
Mais, en l'espèce, il affirme que l'on ne peut reprocher au préfet de s'être abstenu d'avoir pris, au nom de la commune, des mesures pour signaler la présence de la vasière et sa dangerosité, rien ne démontrant «qu'il disposait d'une information suffisante pour agir en ce sens». Jugementle 29 juin.

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