25 novembre 2010
Pourquoi oeuvrer ensemble?
«Nous avons démarré en avril dernier car il nous semblait évident qu'il fallait le faire. Nous n'avons plus à nous regarder en chiens de faïence et dire que ce sont les uns qui font ça et les autres qui détruisent la ressource... De cette façon-là, on n'avance pas! Nous voulons aussi éditer une plaquette commune. C'est Laure Robigo qui va s'en occuper au comité local».
C'est unique en France. Pourquoi?
«Difficile de répondre! En tout cas, c'est regardé de partout. On intrigue, on intéresse et on étonne à la fois. Nous avons des demandes du sud-ouest et de l'estuaire de la Loire mais aussi du Croizic et de Concarneau pour savoir comment nous nous organisons. En même temps, nous en sommes à un stade de débroussaillage. Il est primordial que tous les utilisateurs de la mer s'associent pour connaître les traditions et les méthodes de pêche de chacune des parties. C'est important aussi de tordre le cou aux mauvaises images que l'on a des uns et des autres, surtout sur le braconnage et la destruction des ressources. On unit nos idées. C'est aussi une force pour aller négocier au niveau national ou européen».
Des exemples?
«Nous sommes contre l'extraction de sable en baie de Lannion. C'est une position commune. Les quantités prélevées sont sans rapport avec les besoins. De plus, le dossier d'enquête ne nous convient pas. Il n'y a aucun suivi sérieux sur le sujet. Nous voulons aussi nous unir afin que les associations environnementales ne prennent pas de décisions à notre place. Elles sont souvent trop excessives. Un autre point commun actuellement, la zone classée C pour les palourdes au Yaudet. Ce serait bien de mettre les élus face à leur responsabilité sur la question des stations d'épuration. C'est un sujet sensible. On voudrait que la zone soit reclassée en B».
Ifremer est en pleine étude sur la disparition du bar. Quel est votre avis?
«Les tonnages débarqués sont en baisse. Les plaisanciers disent aussi que les dernières saisons n'ont pas été bonnes. En revanche, en ce moment, on trouve du bar et de beaux poissons de 3kg à 200m de la côte. Faut-il limiter les captures? Ce n'est pas encore mûr dans les esprits. C'est un poisson phare de la pêche sportive. Peut-être change-t-il ses habitudes?».
Sur le braconnage, que pouvez-vous faire?
«Déjà on voudrait bien être au courant de toutes les affaires. On sait bien que ça existe. Que certains gars ont douze casiers au lieu de deux, qu'il y a de la vente illégale de poissons. Là aussi, on doit être unis. Nous avons aussi une grande pédagogie à faire autour des grandes marées. Dans le quartier maritime, il y a soixante pêcheurs à pied professionnels mais sur l'ensemble des gens qui viennent ponctuellement, il y a une vraie information à faire à cause de l'impact de cette pêche sur les juvéniles».

26 mai 2012