8 novembre 2009
Le 24octobre, Jean Quinquis a été élu président du comité des associations des plaisanciers des Côtes-d'Armor. Ce passionné de la mer, résidant à Plouézec, entend y relever de beaux et délicats défis.
Comment arrive-t-on à cette fonction départementale? Et quelles exigences
fixe-t-elle?
Jean Quinquis. J'étais le porte-parole du comité départemental depuis l'an dernier, déjà. Et en tant que président d'une association locale (NDLR Association des pêcheurs plaisanciers de Port Lazo, Boulgueff et Kerarzic), je faisais partie de la fédération nationale des pêcheurs plaisanciers. Le président du comité des Côtes-d'Armor, Loïc Rivoallan, est devenu, au printemps dernier, trésorier de la fédération, et a donc préféré laisser sa place. Vu que je connaissais plutôt bien les dossiers, je me suis présenté.
Quelles sont les missions de ce comité départemental?
Il s'agit d'un échelon relais entre la fédération et les asso locales. On vise à favoriser et à soutenir les actions de protection de l'environnement marin et des espèces en danger. On cherche aussi à faire adopter, par les pêcheurs à pied notamment, les règles de sécurité, et les comportements responsables.
Quels sont vos interlocuteurs au niveau local?
En Côtes-d'Armor, il y a 32associations de plaisanciers, réparties entre l'estuaire de la Rance et Locquémeau. En tout, on recense 4.100 membres sur le département. La plupart ont un bateau, mais ce n'est pas un critère pour en faire partie. Le nombre de pêcheurs sur l'estran augmente sensiblement ces derniers mois. Probablement parce que les gens veulent, d'une part, s'informer sur les règles et les prévisions parfois alarmistes. Et, d'autre part, ils souhaitent défendre leurs droits. On s'aperçoit que les pêcheurs plaisanciers se sentent menacés dans leur pratique et ont besoin de se regrouper.
Quels risques inquiètent ces pêcheurs de loisir?
Suite au Grenelle de l'environnement, une charte de mer doit être signée d'ici quelques mois. Elle entraînera des modifications des règles de pêche de loisir. Or, il va falloir en informer les gens, et pas seulement les adhérents. On a un moratoire de deux ans pour montrer aux autorités qu'on peut encadrer l'activité, sans nuire aux ressources. Pour cela, il faut sensibiliser sur les tailles des prises et les périodes de reproductions des poissons et crustacés. Sans quoi, on se dirige vers un permis de pêche. Et celui-ci pourrait s'avérer injuste et dangereux économiquement.
S'agit-il de malveillance de la part des pêcheurs ou d'ignorance?
Pour 95% des plaisanciers, c'est une méconnaissance, voire une ignorance. Des campagnes, comme celle du 24juillet dernier à Plouézec, nous aident à les approcher et les informer. Mais il reste une petite part de braconnage maritime. En Côtes-d'Armor, on bénéficie d'une convention pour lutter contre. Et on va appuyer cette lutte.
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