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Pêche. Petit matelot deviendra patron

2 décembre 2010

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Ils sont parfois très jeunes, à peine 14 ans, et savent que leur place est là. La mer les a déjà embarqués. Ils veulent un jour être patron. D'abord, ils seront matelots.

Patron pêcheur. Une aspiration de vie pour de nombreux jeunes garçons amoureux de grands espaces et de liberté. Mais avant d'avoir son propre navire, il faut apprendre les bases et devenir matelot. Au lycée Pierre-Loti, un CAP en deux ans puis un bac professionnel permettent aux jeunes d'acquérir une formation solide. Clément, de Roscoff, dit qu'il aime ça. Les conditions difficiles de la vie à bord, un métier pénible, la météo pas toujours favorable. Ça ne le rebute pas. «C'est une habitude à prendre c'est tout!». Avant d'être en bac pro conduite et gestion des établissements maritimes, option pêche, l'adolescent a passé un CAP en deux ans. Cela lui a permis de travailler deux mois l'été dernier sur un caseyeur. «Je me suis fait un peu d'argent et ça m'a conforté dans mon choix». Frédéric, lui, habite Kerfot. Il a le même parcours que Clément mais à l'inverse de son copain, a un père ancien marin-pêcheur. «Il a été dans le métier quinze ans avant d'aller au commerce. Maintenant, il est à la retraite. Moi ce que j'aime, c'est la mer bien sûr mais surtout être dehors. Le métier me plaît car on voit plein de choses». Les deux garçons veulent un jour être patrons. Plus loin dans l'atelier, de plus jeunes gens, à peine 14 ans pour certains. Ils ont quitté le collège en cinquième. Giovanny, Steven, Jordan, Alexis et Florian ont une idée très précise de leur avenir, pas si fréquent à leur âge. Ils feront un bac pro pour être patron ou mécanicien. Mais ce sera sur les bateaux.

Patron, de Pors-Even à Dakar

«Ils savent aussi que ce n'est pas restreint géographiquement», souligne Philippe Sellin, enseignant. «On peut rester à Pors Even et dans la baie de Paimpol mais aussi embarquer pour Dakar ou les Seychelles». Comme Clément et Frédéric, les plus jeunes ont dans leur programme tout ce qui touche à la navigation, des matières générales et bien sûr des semaines de stage sur les navires. «Nous avons aussi un bateau école basé à Lézardrieux, le Yovo», rappelle François LeGuen, enseignant en bac pro. «Ils pourront être patrons de navires de 15 à 16m en sortant d'ici après avoir validé tant de mois de navigation. Il faut être polyvalent et bon dans toutes les matières». Une bonne école de vie pour des adolescents qui ont choisi leur voie très tôt.

  • Armelle Menguy
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