4 février 2012
À l'heure où les énergies fossiles s'épuisent, la propulsion à hydrogène des bateaux apparaît comme une alternative intéressante à plus d'un titre. Charles Braime, ancien biologiste pour WWF, est aujourd'hui en formation au lycée maritime Pierre-Loti pour devenir marin pêcheur. «Je souhaite que nos bateaux aient le moins possible d'impact négatif sur l'environnement. Si on utilise de l'hydrogène, la propulsion ne rejette aucune pollution!», explique- t-il.
Dans un trimaran
Contacté par Charles Braime, le bureau d'études Navire Innovation, de Port-en-Bessin (14), qui travaille justement sur des bateaux de pêche novateurs, se met au travail. Il s'allie à Alca Torda Applications, un bureau d'études qui valorise les énergies renouvelables grâce aux technologies de l'hydrogène. «Une pile à hydrogène, qui alimentera un moteur électrique, est plus volumineuse que les réserves actuelles de carburant. Nous avons conçu un trimaran couvert d'un grand pont et doté d'un foc facilement maniable», annonce Cyril Lambert, ingénieur chez Navire Innovation.
Grâce aux hydroliennes
Le projet séduit Yannick Hémeury, du comité des pêches de Paimpol. «Notre flotte est vieillissante, mais les pêcheurs hésitent à investir 300.000 EUR dans un bateau qui avance au gasoil! Alors, autant bouleverser les habitudes. De plus, nous sommes en droit de demander des contreparties à la mise en place des parcs hydroliens ou éoliens off-shore en baie de Saint-Brieuc. L'électricité des hydroliennes de Bréhat pourrait, à Paimpol, fournir l'énergie nécessaire à la synthétisation de l'hydrogène dans une installation à quai.» «Il nous faut de quoi construire le prototype, pouvoir ensuite fabriquer une série d'environ 25 bateaux, et obtenir un prix de l'électricité garanti, pour que le projet soit viable», indique Cyril Lambert. «La question de l'énergie ramènera tout le monde autour de la table pour imaginer les bateaux ultra-propres de l'avenir!», prédit Charles Braime.

26 mai 2012