24 février 2012
«J'étais le premier inscrit», lance Clément. Le Paimpolais qui prépare à Kerraoul le diplôme de moniteur éducateur spécialisé, a sauté sur l'occasion. «À chaque minute, on apprend quelque chose. Ça passe vite, il faut profiter de chaque moment». Angélique, tout aussi ravie, est lycéenne à Savina, à Tréguier. Pour elle aussi le Bafa était une évidence: «Je veux être professeur des écoles; le stage, très intense, mêle théorie et pratique, c'est enrichissant et convivial». Cluedo, jeux de pistes, grands jeux, veillées, 21 lycéens de Kerraoul, huit de Savina vivent depuis bientôt huit jours dans un contexte de centre de vacances.
À moindre coût
Cette session Bafa, première du genre à Kerraoul, s'est faite sous l'impulsion de Philippe Halleguen, proviseur adjoint, qui fait partie du réseau Aoreven (Associations régionales des oeuvres éducatives et de vacances de l'Éducation nationale). Un partenariat a été signé qui a permis de proposer le stage à moindre coût. «La formation initiale** coûte ordinairement 500 EUR, nous le proposons aux jeunes à 200EUR», se réjouit Guillaume LeBars, conseiller principal d'éducation (CPE). Un stage ouvert aux jeunes à partir de 16 ans, mais aussi à tous ceux qui ont à s'occuper d'enfants. «Le Bafa est obligatoire pour les assistantes maternelles, par exemple», rappelle-t-il. En cette fin de semaine, l'encadrant note un réel investissement des stagiaires, amplifié par une mixité des publics.
Acteurs de leur formation
«On travaille par petits groupes autour de différents thèmes, avec à chaque fois des projets d'activités à mettre en place avec des enfants», explique Geoffrey Vigour, responsable de ce premier module, avec trois autres intervenants. Cette méthode active permet tout de suite de rentrer dans le vif du sujet. «Les jeunes sont parfois surpris, s'attendent à beaucoup de théorie. Au contraire, ils sont tout le temps mis en situation. Le stage se déroule en internat, il leur faut organiser la vie quotidienne, l'intendance, il y a les rituels des goûters, les rituels du soir. Ils sont acteurs de leur formation», poursuit-il.
Expérience positive
«Ces jeunes auront la responsabilité d'enfants. Les activités ne sont pas faites n'importe comment ni pour n'importe qui», note le CPE. Ces futurs animateurs acquièrent ainsi une méthodologie de travail, selon les publics - les 3-6 ans, les 7-9ans... jusqu'aux 18 ans. À la fin du stage, samedi, les candidats seront évalués par l'équipe de formateurs. C'est la direction de la Jeunesse et des Sports qui validera la formation. Une expérience positive pour Guillaume Le Bars: «Celava apporter un souffle à l'établissement, dans la prise de responsabilités des jeunes. Et pour certains qui étaient peut-être en échec scolaire, cela va leur donner un coup de fouet et ils vont se mettre à bosser».
(*) Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur.
(**) Le Bafa se passe en trois temps: Formation générale, stage pratique (généralement rémunéré) et stage de perfectionnement.

26 mai 2012