30 janvier 2012
«Ce qu'il y a d'incroyable, ce sont les retours sur votre livre. Il interpelle, il passionne. Ici, nombreux sont les gens qui nous le demandent.» Danièle Couadou, patronne du café de pays Le Balthazar, dans la rue des Huit-Patriotes n'est pas la seule à être tombée sous le charme du livre «Puisque j'existe», de Lucie Lemaître et Nelly Sabbagh.
Ne pas marcher sans but
Un livre de rencontres, en photos et en témoignages entre les deux jeunes femmes de 25 et 28 ans et d'autres femmes, plus aussi jeunes, ayant déjà vécu de 69 à 96printemps. En août2010, les deux amies décident de marcher. «C'était notre but premier. On voulait être sur le GR34 et marcher. Mais comme on ne voulait pas marcher idiotes, l'idée est venue d'aller à la rencontre de femmes. On voulait qu'elles soient âgées au minimum de 65ans.» Des amis leur évoquent leur grand-mère qui, à leur tour leur, parle d'une copine à elles. Les rencontres sont lancées. Avec un dictaphone et une petite caméra, Lucie et Nelly passent une demi-journée ou deux jours chez Hélène, Paule, Annette, Mado, Jeanne et les autres. Treize femmes en tout. «Elles nous ont raconté leur vie, comme ça, sans qu'on pose vraiment de questions. C'était au cours de discussions très simples, naturelles, entre copines.» Samedi, au Balthazar, Annette et Paule étaient présentes. «Quand elles sont arrivées, je n'ai pas mis cinq minutes à leur dire de se déshabiller et d'aller faire un tour dans mon spa, coupette de champagne en main», raconte Paule, septuagénaire pétillante. «On ne doit pas vivre sans champagne!» Annette est de L'Armor-Pleubian. Elle dit qu'elle a de la tristesse en elle. «Avec Lucie et Nelly, au début, je croyais que je n'avais rien à dire et au final, j'ai beaucoup parlé.» Mado, âgée de 87 ans, n'était pas là samedi. «Elle vient de vivre une vilaine infection des reins donc elle ne sort pas trop mais quelle énergie elle a! Elle nous bluffe à chaque fois. Dans sa maison de Tréguier, des gens viennent parfois pour l'aider mais en fait, ils vont puiser de l'énergie. Elle est incroyable!»
Retrouverde la profondeur
Et Mado est comme Paule, pas question de vivre sans boire du champagne! Paule affirme s'être réconciliée avec les jeunes grâce à ses deux nouvelles amies. «Je n'étais plus du tout indulgente, je disais que les jeunes sont nuls. 1968 a été une libération mais une cassure aussi. On a brisé le sens de la famille, on a perdu la convivialité. Là, avec elles et leurs jeunes amis du cirque, j'ai retrouvé tout ça. Ça m'a boostée. Et puis souvent on parle de peu de choses avec les gens, la pluie, le beau temps, la varicelle du petit. Là, c'était profond. Il faut retrouver ça». Lucie et Nelly reviennent d'Amérique du Sud. Elles y ont accompagné leurs amis du cirque en tournée. D'autres rencontres. D'autres portraits. Diplômée de sciences-po pour l'une, d'un master de cinéma pour l'autre, elles ont choisi de faire de leurs vies des rencontres, des échanges. Après les «vieilles» femmes, les hommes âgés? «On y pense! On a quelque chose en préparation». On serait presque jalouses de ne pas avoir eu l'idée avant elles. Pratique Livre «Puisque j'existe», (titre tiré d'une phrase de la dernière femme rencontrée); 30 EUR. On le trouve dans tous les cafés de pays et librairies du département ainsi que dans les commerces de Penvénan, là où l'aventurea pris forme.

26 mai 2012