26 octobre 2009
Un voilier de 13 mètres. La maison voguante de cinq stagiaires et un chef de borddu centre des Glénans pourdes semaines.Ils partent de Paimpol ce midi, si tout va bien, pour traverser l'Atlantique.
Hier au port de Paimpol, quatre garçons n'en menaient pas large. Plus une qui devait cogiter dans son train, en provenance de Paris. Ces cinq équipiers stagiaires réunis, s'engagent aujourd'hui dans une belle aventure humaine. L'Everest des stages de voile proposés par le centre nautique des Glénans: une transat avec escale sur un voilier de 13 mètres (un Ovni395), direction Port du Marin, en Martinique. Cette traversée n'a lieu qu'une fois l'an pour 49 jours de mer. Ils vivront au rythme des quarts, apprendront l'organisation à bord.
Ils ne se connaissent pas
Tous autour de la cinquantaine, Michel, originaire du Puy-de-Dôme, Ludovic, d'Angers, Pierre, de Belgique, et Philippe, de Nantes, ont vraiment appris à faire connaissance depuis samedi, seulement. Sophie, 39 ans, ne pouvait se libérer que plus tard. Expérimentés, mais souvent plus habitués à la navigation côtière, ces stagiaires ne sont pas lâchés seuls dans le grand bain; un autre Michel, 63 ans, occupe la place de chef de bord. «J'ai commencé comme débutant aux Glénans en 2000 jusqu'à obtenir le niveau de chef de bord hauturier. C'est ma troisième transat, j'ai fait l'aller-retour l'année dernière», explique-t-il. Le bateau restera quelques mois en Martinique pour servir à des stages sur place. Le retour se fera en avril. Des six navigateurs, trois s'arrêteront et seront remplacés, après 21jours de mer, à Santa Cruz de Tenerife, aux Canaries, pour revenir par avion, en France. Problèmes d'emploi du temps pour certains, ou limites financières pour d'autres. Car ces six aventuriers ne sont pas de la caste des navigateurs fortunés: «C'est le cadeau d'anniversaire de mes 50 ans», explique Michel. «Mon budget voile, avec l'achat de mon bateau? Celui d'une seconde voiture... Que je n'ai pas», insiste Philippe.
Une traversée sûre
On ne peut pas se décider à traverser l'Atlantique ou à moitié, sans être passionné. «J'ai longtemps cherché des embarquements pour des transatlatlantiques. C'est un vieux rêve. Mais beaucoup ne me semblaient pas sérieux du tout», constate Philippe. La sécurité, c'est l'un des credos du centre nautique des Glénans. «Le bateau est équipé de tout l'appareillage électronique nécessaire. Et puis, l'Ovni c'est un peu le 4x4 des mers, très tolérant. Quant aux hommes, la philosophie des Glénans est basée sur un comportement responsable de chacun à bord, sur leur polyvalence aussi», indique Olivier Daures, chef de base. Le bateau paimpolais ne sera pas seul. Il restera en communication avec deux autres voiliers partant de Concarneau et de Bonifacio qui suivront la même route pour la Martinique. D'ici là, il faudra faire avec les sautes d'humeur de chacun, et se jouer des caprices de Poséidon.
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