21 janvier 2009
«Le tribunal existe bel et bien...» Tous n'auront de cesse de le répéter. Avocats, magistrats ou représentants du parquet. Rien pourtant ne changera la décision de la Chancellerie quant à la mise en place de la nouvelle carte judiciaire. Parmi les mesures annoncées, la suppression du tribunal de grande instance (TGI) de Guingamp, programmée pour le 1erjanvier 2011. Il ne restera plus qu'un tribunal d'instance alors que le tribunal de commerce a déjà emménagé à Saint-Brieuc le 1erjanvier.
«Un genou à terre mais la tête haute...»
«Il s'agit de préparer au mieux le tribunal à son échéance funeste tout en assurant nos exercices», a rappelé, dans ses réquisitions, Antoine Loussot, substitut du procureur. À la retraite depuis décembre2008, Marie-Sophie Monet, procureur, ne sera pas remplacée. «Vous n'arrivez pas dans une juridiction moribonde», a ajouté Antoine Loussot à l'adresse du président, David Jobard qui, enfin d'année, a remplacé AnnieAntoine dans ses fonctions. «Certes, nous avons un genou à terre mais nous gardons la tête haute». «Mieux vaut se préparer à ce qui apparaît aujourd'hui comme inéluctable plutôt que de le subir», dira la présidente Guégan-Surget qui a assuré l'intérim après le départ d'Annie Antoine. «Les chiffres sont pourtant bons, pour ne pas dire excellents, avec une moyenne de délais de traitement des dossiers de 4,4 mois alors que la moyenne nationale est de six mois. L'activité a été soutenue malgré une vacance de postes», a-t-elle insisté. L'effectif, en effet, n'est pas au complet depuis avril2007, alors que la menace de fermeture est connue depuis la fin de cette même année.
«Je regrette le départ précipité des avocats»
Prenant la parole en dernier, David Jobard, président, affirme que «la carte judiciaire était nécessaire et attendue. Malheureusement, la juridiction de Guingamp va pâtir de cette réforme». Il regrette cependant «une succession de réformes»: l'annonce, par exemple, de «la suppression des postes de juges d'instruction alors que les pôles d'instruction viennent tout juste d'être mis en place». De regretter aussi «le départ précipité des avocats qui auraient pu exprimer leurs doléances d'une autre manière». En début d'audience, Marc LeHouérou, nouveau bâtonnier, a rappelé que «la disparition du tribunal de grande instance de Guingamp n'a pas de caractère définitif. Des recours ont été formés devant le Conseil d'État et nous attendons la décision de cette juridiction».
«Une telle cérémonie... dérisoire»
«Nous pensons que, dans le contexte actuel, une telle cérémonie a quelque chose de dérisoire alors que les excellentes statistiques de Guingamp n'ont manifestement pas intéressé les décideurs», a-t-il conclu avant de quitter la salle avec l'ensemble de ses collègues avocats. Marie-Renée Oget, députée PS de la circonscription de Guingamp, présidente de Justice en Argoat - Trégor, association pour la défense des tribunaux, a pour sa part estimé que «eu égard au nouveau président, il fallait être présent». Elle n'était pas au courant de l'action menée hier par les avocats.

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