27 mars 2008
À l'heure où l'association « Justice en Trégor-Argoat » se mobilise pour sauver le tribunal guingampais,
Pierre Pasquiou, chef de file de l'opposition, fait entendre une voix différente.Ce matin, l'association Justice en Trégor-Argoat se réunira à la mairie de Guingamp. Elle devrait faire le point sur le recours qu'elle compte engager contre les décrets supprimant les tribunaux de Guingamp et de Lannion devant le Conseil d'État.
« Votre association fait double emploi », a critiqué Pierre Pasquiou, le chef de file de l'opposition, mardi soir, en conseil municipal.
Sur la sellette
« Le barreau de Guingamp a déjà engagé un recours. Quel est l'objet de cette association ? On ne connaît rien de ses statuts. Les magistrats sont aussi divisés sur cette association », a-t-il ajouté en précisant que « le groupe de la minorité » ne voterait pas la demande d'adhésion à cette association. Plus globalement, Pierre Pasquiou a dénoncé la coloration politique de cette « association créée par des élus de gauche. Vous arrivez après la bataille ». Pour lui, la réforme de la carte judiciaire était inévitable : « C'est une bonne chose. Je ne vais pas aller pleurer sur la fermeture de certains tribunaux. C'est regrettable pour Guingamp. Depuis 1958, cette carte n'avait pas été touchée. Les choses ont évolué. J'ai été surpris d'apprendre que le tribunal de grande instance de Guingamp était supprimé. Guingamp a toujours été sur la sellette. La solution aurait été un regroupement entre Morlaix et Guingamp pour faire quelque chose sur Morlaix ou Guingamp ».
Pierre Pasquiou a également lancé un pavé dans la mare : « Il y a eu un problème d'abstention aux élections. On a vérifié sur les listes pour voir qui était allé voter. J'ai vu des noms qui étaient chez nous. Certains avocats ne se sont pas déplacés. Ils n'ont pas voté. Je ne vois pas l'intérêt d'aller me décarcasser pour eux. Pourquoi défendre ces avocats ? ».
Les failles
de la procédure
Les arguments et les critiques avancés par Pierre Pasquiou ont, bien évidemment, fait réagir l'équipe d'Annie Le Houérou. « Le décret est tombé. La bataille n'est pas encore perdue. Il existe encore des recours. Il y a encore de l'espoir. Il y a probablement des failles et des vices dans cette procédure. Il n'y a pas eu d'étude d'impact avant de supprimer ce service », a rétorqué Annie Le Houérou, le maire. « Ce n'est pas une association d'élus de gauche. Elle est formée de différents membres », a-t-elle précisé.
L'opposition a demandé que cette question soit reportée au prochain conseil municipal.
« C'est trop flou pour l'instant. Je ne voterai pas ça », a conclu Pierre Pasquiou. Annie Le Houérou a précisé qu'il y avait urgence en la matière car le recours de l'association doit être déposé « avant le 17 avril ».
Mona Bras, conseillère de la majorité, a aussi insisté sur le fait que « le rôle du politique » était de « défendre le maintien du service public ».
Le soutien et l'adhésion du conseil municipal à l'association Justice en Trégor Argoat ont été adoptés avec les six abstentions de l'opposition.