15 février 2012
Avec la réforme de la carte judiciaire, en janvier2011, le tribunal de grande instance a déserté Guingamp. Pour autant, la justice est toujours rendue en ville, par le tribunal d'instance. Marie-Josèphe Brolly-Verdure est la juge de cette juridiction du quotidien, qui traite les litiges jusqu'à 10.000 EUR.
Une juge bien seule
Situé place de Verdun, le tribunal d'instance a vu son territoire quasiment doubler en une année, suite à la fusion avec celui de Lannion. La réforme, toujours la réforme! Pour autant, les effectifs eux n'ont pas été augmentés, ils se sont même réduits. Alors que deux juges étaient auparavant en poste, Mme Brolly-Verdure se sent aujourd'hui bien seule. «C'est beaucoup de travail. Il m'est impossible de faire les deux postes en même temps. Cela va m'obliger à diminuer, et peut être supprimer, des audiences. Jusqu'à présent, les délais de mise en délibéré étaient d'un à deux mois. Ils vont maintenant augmenter», explique la juge, qui peut compter sur l'aide d'un magistrat temporaire à raison dequatre jours par mois. Et d'ajouter: «Des nominations doivent avoir lieu bientôt. De toute façon, on ne nous prévient jamais quand un poste est supprimé ou octroyé». Consciente du système, elle s'adapte aux circonstances, en tentant de ne pas trop pénaliser les justiciables. Car la magistrate doit également faire face à l'absence de juge de proximité depuis début janvier (lire ci-dessous) et régler les petites affaires quotidiennes. Septagents du greffe sont toutefois présents pour soulager ses épaules et renseigner le public. Un huitième devrait arriver d'ici peu.
Une juridiction couteau suisse
Mais que juge-t-on au tribunal d'instance? C'est une juridiction couteau suisse, en quelque sorte, où l'«on change de casquettes souvent», confie la magistrate. Le tribunal d'instance juge, en fait, les litiges les plus courants pouvant opposer des personnes entre elles: achats de voitures, problèmes entre voisins, bornage de terrains... «Nous sommes également compétents pour les problèmes de baux entre locataires et propriétaires, ainsi que pour les soucis de crédit à la consommation», note MmeBrolly-Verdure.
«On ne s'ennuie jamais»
Si le tribunal traite aussi les dossiers de surendettement, l'une des compétences principales concerne les tutelles sur les majeurs protégés: personnes âgées ou en hôpital psychiatrique par exemple. Cela représente pas moins de 2.600 dossiers par an. Tribunal de police (violences, infractions routières ou à la législation sur l'environnement), tribunal paritaire des baux ruraux, saisie sur salaire, départition prud'homale, contentieux sur des élections professionnelles et politiques, enregistrement de Pacs... font également partie de la longue liste des affaires relevant du juge d'instance. «On ne s'ennuie jamais, mais parfois, nous sommes un peu assommés par la tâche», conclut Marie-Josèphe Brolly-Verdure, qui doit faire preuve d'une grande polyvalence.

26 mai 2012

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