10 juin 2010
Après un délicat exercice 2008, sanctionné par un déficit de 150.000 EUR l'association d'accompagne- ment du handicap, Adsevel, a redressé la barre en 2009. Toutefois, sa marge de manoeuvre reste étroite.
Adsevel, en breton, signifie: «Se lever et se redresser». Et en 2009, l'Association d'accompagnement des personnes en situation de handicap qu'est Adsevel aura, pour le moins, bien porté son nom. Après une année 2008 bouclée avec un déficit de 150.000 EUR, l'association, qui intervient sur l'ensemble du pays de Guingamp, a réussi à redresser la barre en 2009. Si le déficit est toujours là, il a quasiment fondu de moitié, passant de 150.000 à 80.000 EUR.
Le mécanisme des tarifs
À ce redressement, plusieurs raisons. La principale: les tarifs. Quand une auxiliaire de vie de chez Adsevel se rend, par exemple, faire le ménage au domicile d'une personne handicapée, cette intervention est tarifée à l'heure. En 2008, ce tarif horaire, renégocié chaque année avec le conseil général, avait été fixé à 19,47 EUR/heure. Trop peu pour l'association guingampaise, qui a donc payé les pots cassés. «C'est simple, en 2008, sur chaque heure d'intervention, on perdait de l'argent...», rappelle Alain Fesselier, le directeur d'Adsevel. En juillet2009, la donne change. Le conseil général accepte de relever l'heure d'intervention à 27,27 EUR. «Ce qui nous a permis alors de ne plus perdre d'argent.» Simple et logique.
Un retour de 27 à 25 EUR ?
Mais le redressement financier de l'association est également dû à une croissance inattendue de l'activité. «En 2009, au lieu des 16.000heures que nous avions budgétisées, nous avons finalement effectué plus de 19.000heures d'interventions», indique Alain Fesselier. Reste que si son portefeuille respire mieux, la marge de manoeuvre d'Adsevel reste assez étroite. Le tarif horaire ne va pas rester à 27,27 EUR. Dans le contexte actuel, le conseil général, qui règle, il faut le savoir, entièrement la note pour les usagers éligibles au PCH(*) qui ont recours à Adsevel, doit, lui aussi, se serrer la ceinture. Le nouveau tarif, qui devrait être fixé en juillet, pourrait ainsi avoisiner les 25EUR/heure. «C'est la proposition que nous avons faite au conseil général lors des dernières négociations», affirme Alain Fesselier.
Les postes d'encadrement trinquent
Mais cette baisse du tarif horaire ne sera pas sans conséquence. «Pour faire face, on a décidé de faire passer à mi-temps un poste d'encadrement à temps plein.» Hors de question de faire des coupes dans les postes de terrain. «On ne peut rogner que sur le personnel cadre et non sur le personnel d'intervention. Car qui dit moins de personnel sur le terrain, dit aussi moins d'intervention et donc moins de rentrées pour l'association», a rappelé, mardi en assemblée générale, Paul Barret, le président d'Adsevel. Pour le moment, l'association ne peut vraiment faire autrement.
* Prestation de compensation du handicap.
«C'est simple, en 2008,sur chaque heure d'intervention,on perdait de l'argent...»

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