8 septembre 2009
Pendant plus de deux mois, à Lannion, un jeune homme de 19ans avait vécu un véritable calvaire, cible de la violence alcoolisée d'un de ses colocataires. Ce dernier a été condamné à douze mois de prison ferme, hier, par le tribunal de Guingamp.
Dans l'appartement qu'ils partageaient à trois, les soirées semblaient plutôt animées... Alcool et violences s'invitaient presque quotidiennement, particulièrement entre le 1er mars et le 11mai 2009. Durant cette période, l'un des locataires, âgé de 19ans, a été victime de multiples sévices corporels. On parle ici de coups de poing, coups de pied, coups de balai, de strangulations et même de «petits coups de couteau.» Le jeune homme vit un véritable calvaire, jusqu'au jour où il tombe, dans un état second, sur les vendeuses d'une parfumerie. La police est alertée. Il est transporté à l'hôpital. Les examens mettront notamment à jour des hématomes, une fracture du nez, etc. «Il était dans un tel état qu'il avait même des hallucinations, rappelle son avocat. Les médecins ont parlé d'un patient en état de choc, prostré!» «L'état de la victime faisait froid dans le dos...», ajoute le procureur de la République, AntoineLoussot.
«Il était parano»
Plusieurs mois après ces événements, la victime, âgée de 19ans au moment des faits, a recroisé son agresseur présumé, hier, au tribunal de Guingamp. Le prévenu, 35ans, se tient droit à la barre. «Il nous dit qu'à chaque fois que vous étiez ivre, vous le frappiez», lui rappelle la juge. «Il était parano... Il croyait qu'on lui manquait de respect, mais c'était faux», raconte la victime. Le prévenu se montre peu disert, timide. Il précise juste ne pas «avoir donné des petits coups de couteaux. Je ne m'en rappelle plus». Ses problèmes d'alcool sont abordés. Le jour de son interpellation, à 11h45, le matin, son alcoolémie était de 4g/l de sang. «J'étais capable de boire un litre de rhum», raconte-t-il. Il parle au passé et dit se faire soigner aujourd'hui.
«Un tyran domestique»
Selon son avocate, il n'était pas le seul à user de violences à l'appartement. «Il y avait une violence tournante entre trois personnes», indique-t-elle. Le procureur ne voit pas les choses du même oeil. «La victime était sous l'emprise physique et psychologique de ses colocataires», est convaincu AntoineLoussot. Pour lui, pas de doute: «Il a été victime d'un tyran domestique alcoolisé!» Considérant le passé judiciaire du prévenu, condamné pour des actes de violences, il requiert douze mois de prison, dont trois assortis du sursis. Le tribunal a été plus loin et a condamné Xavier Dedominici, 35ans, à quinze mois de prison, dont trois avec sursis, mise à l'épreuve de vingt-quatre mois et obligation de soins.
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