28 décembre 2009 - 1 réactions
«On a l'impression qu'on veut nous faire fermer définitivement!» Dépitée, Flora Bodereau, gérante du Campbell's Pub, ne cache pas sa colère,depuis qu'elle a appris la décision de la préfecture des Côtes-d'Armor sur les horaires de nuit. À compter du 2janvier, les bars de nuit costarmoricains devront fermer à 2h du matin au lieu de3
h (voir LeTélégramme de jeudi).
Le couperet est tombé
Outre la colère, c'est bien la consternation et l'incompréhension qui prévalent, car le coup est rude et la surprise totale, à moins d'une semaine de la mise en application de l'arrêté. Pour Éric Bideau, représentant de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), même si, en septembre, la décision avait été repoussée, «c'est un véritable couperet qui est tombé, car il n'y a eu aucune concertation depuis avec l'administration».
20 Ã 30% en moins sur le chiffre d'affaires
La décision vise à limiter l'alcoolisme et les nuisances sonores. Or, souligne Flora Bodereau, «Lorsque la loi «anti-tabac» est passée, notre chiffre d'affaires a déjà baissé. De plus, les clients sont obligés d'aller fumer dans la rue et les nuisances sonores viennent de là . Aujourd'hui, après avoir investi, j'ai l'impression de me faire punir!», assène-t-elle. Car, pour obtenir l'autorisation de 3h du matin, un an après l'interdiction de fumer, elle a dû embaucher un portier, qu'elle devra probablement licencier car, selon ses calculs, elle risque de perdre 20 à 30% de son chiffre d'affaires annuel. Quant à Philippe Adam, gérant du Galopin, il ne cache pas que cette décision aura une incidence certaine sur la programmation des concerts qu'il propose depuis plus de 20 ans, ainsi que sur son association L'Assos Piquante. «Outre les concerts qui sont proposés au bar, il y a une véritable collaboration avec la mairie, pour l'organisation de la Fête de la musique et d'autres animations. LeGalopin aide l'association financièrement et, sans ces horaires, ce ne sera plus possible.»
Aggravation de l'alcoolisation de rue?
L'argument avancé par l'administration, concernant l'alcoolisme, est lui aussi battu en brèche par les gérants guingampais. «Nous sommes les premiers à faire de la prévention et l'horaire de 3h permet aux clients de passer une grande partie de leur soirée dans un même lieu», argumente Philippe Adam. Les cafetiers craignent, en effet, que le phénomène de l'alcoolisation dans les rues ne s'aggrave, avec, de plus, une probable augmentation des demandes de dérogations d'autres bars pour ouvrir jusqu'à 2h. Alors que sur les 35 bars de nuit costarmoricains, 25 se trouvent à Saint-Brieuc, les gérants guingampais considèrent la décision préfectorale injuste et sont décidés, disent-ils, à se faire entendre.

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