1 juin 2009
Francis L'Hospitalier estl'un des trois apiculteurs connus de Guingamp. Ilouvre son jardin secret pour lapremière fois. Objectif: défendre les abeilles etsensibiliser, àsamanière, lapopulation surleur fragilité.
Derrière les murs, c'est le paradis des pollens. Et pourtant, de devant, nul passant, même le plus attentif, ne pourrait le deviner en scrutant la façade de lacharmante petite maison deFrancis et Armandine L'Hospitalier, construite dans le centre-ville. Tout est clos. Entouré de part et d'autre de maisons citadines. Pour y pénétrer, il faut donc, soity être invité et entrer par la porte, soit être un oiseau, unpapillon... et passer au-dessus des enclos.
600m² de jardin en ville
Et là, d'un coup, le décor urbain -trottoir et rues goudronnées - setransforme. Les mirettes s'écarquillent: au sol, sur les murs, surplus de 600m², le couple deretraités a fait sortir de terre un petit paradis d'odeurs et de couleurs. Pourquoi tant d'efforts? Parce qu'«elles adorent le thym, les campanules (petites fleurs violettes), la sauge, le romarin, la lavande, énumère Armandine, 71ans. Les arbres fruitiers aussi, les pommiers, les pêchers...»
«Mes petites avettes»
Mais qui sont-elles, ces gourmandes pour qui le couple se décarcasse? «Mes petites avettes», glisse-t-elle sur un ton affectueux. Plus connues sous le nom d'«abeilles». Depuis 1986, son mari Francis est en effet un «apiculteur» amateur. Qui a fait de sa passion celle du couple: «Quand on manipule les ruches, c'est mieux d'être à deux», assurent-ils. On les croit d'autant mieux lorsqu'on a soi-même revêtu la combinaison de protection et approché des petits chalets. Ici, ça bourdonne, ça volette dans tous les sens... Plus rassurant d'être à deux pour accomplir des gestes méticuleux comme de récolter lemiel.
Moins de miel ces dernières années
Le précieux mets se raréfie malheureusement. De centaines de kilos, il y a plusieurs années, laproduction actuelle des abeilles permet au couple de ne faire plus que quelques dizaines de pots. Pas de quoi en faire un commerce florissant, juste de quoi faire profiter les amis de ce liquide made in Guingamp «parfumé et doux» et d'avoir le plaisir de tartiner du miel tous les matins sur «une bonne tranche de pain beurrée». Face à cette situation, Francis L'Hospitalier se montre inquiet. Ce qui explique qu'il laisse venir à lui et ses abeilles une journaliste. Sinon, ce membre du Groupement de défense sanitaire apicole des Côtes-d'Armor serait resté dans sa réserve habituelle. «Endébut de saison (en février), il n'y avait plus que deux ruches. Deux essaims s'étaient effondrés», explique-t-il. Aujourd'hui, à force de soins, il en compte cinq. «Mais c'est fragile. Heureusement que l'on est en ville, les abeilles sont plus protégées qu'à la campagne, à cause de la pollution». Avec d'autres membres de l'association, il est également préoccupé par la composition des essaims, leur «malaise»: «Onsuppose que les reines ne sont pas bien fécondées. Les faux-bourdons sont un peu comme les hommes d'aujourd'hui. Il y a des problèmes de fertilité». Il y a 23 ans, à ses débuts d'apiculteur, Francis avait reçu «comme une transmission» sa ruche des mains d'un «vieil instituteur». Aujourd'hui, il ne peut être sûr de la confier un jour ou l'autre, le plus tard possible, à quelqu'un d'autre: «C'est trop incertain».
Début mai, les abeilles ont débarqué «officiellement» à Guingamp. En effet, deux ruches ont été installées sur un toit, au château de Pierre II, dans le cadre du projet de la ville de «défendre les abeilles et d'alerter la population sur les problèmes de biodiversité», selon les termes de Yannick Kerlogot, l'adjoint au développement durable. Début juin, la population des petites butineuses va encore augmenter. Deux autres essaims sont attendus d'un jour à l'autre: «Nous les avons commandés à Bretagne Apiculture», explique l'adjoint. Accueillies dans des ruches faites de plaques de résine synthétique ayant la transparence du verre, ces nouvelles abeilles guingampaises ne seront pas présentées tout de suite au public. Elles seront d'abord accueillies dans les services jardins. Puis, à la rentrée prochaine, elles serviront «d'outils pédagogiques» afin de sensibiliser les enfants. Autre fait marquant à venir: la rencontre, mercredi prochain, de troisapiculteurs guingampais -MM.Guillemot, Ropars et L'Hospitalier (lire le portrait ci-dessus) - etdes enfants de l'école de dessin. Comme leurs petits camarades du centre de loisirs, les bambins ont, en effet, pris leurs pinceaux pendant près d'un mois et demi pour créer une vingtaine de «ruches décoratives». Ces petites merveilles seront dévoilées dans les prochains jours par le service jardins. Elles seront installées sur les ronds-points et parterres de plantes mellifères. Par ailleurs, une exposition de timbres sur le thème des abeilles est planifiée courant juin, jusqu'en juillet, à la médiathèque. C'est le président de l'association philatélique du Pays de Guingamp, Jacques Le Lay, qui y disposera plusieurs planches. Une autre manière originale de sensibiliser la population.
Ils sont quatre apiculteurs amateurs à Plouisy: Christophe Liotier, Didier Ducouroy, Pascal Martin et Gildas Le Bars. Samedi, à la bibliothèque, ilsont fait découvrir aux enfants et aux adultes, la vie d'une ruche, le matériel utilisé, leurs savoir-faire et la fabrication du miel. On a pu déguster différents miels. Etlesenfants ont participé à des travaux d'arts plastiques sur l'abeille. «Une ruche peut produire entre 20 et 30kg de miel par an. L'achat d'une ruche avec un essaim coûte environ 180???. Et pour démarrer, il faut acheter pour quelque 250??? de matériel. C'est assez vite amorti», explique Didier Ducouroy. Mais l'apiculture, c'est avant tout une passion. «L'apiculteur aime ses abeilles. Mais pour bien démarrer, il est préférable de suivre une formation théorique et pratique et de lire quelques livres. Actuellement, on assiste vraiment à un engouement pour cet élevage amateur», précise- t-il.
«Avoir le plaisir detartiner du miel tous les matins sur une bonne tranche de pain beurrée.»
Aujourd'hui
Deux voitures brûlées dans la région de Guingamp
Dédicaces. Christian Madec «En vers et avec tout»
Les loisirs du week-end
Les loisirs du week-end
Aujourd'hui
Infos services
À savoir
Etat civil
Foyer des jeunes travailleurs. Vers une nouvelle structure
Téléthon. Le compte à rebours est lancé
Femmes victimes de violence. Prévention sur le marché
Entraide et amitié. Concert dimanche pour le Téléthon
Poste. Les nouveaux horaires attendront 2010 en zones rurales