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PNR. «L'image du territoire sera bonifiée»

15 octobre 2011

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Des doutes ont étéexprimés, jeudi, lors de l'assemblée générale de Coeur Émeraude, l'asso- ciation travaillant sur le projet deparc naturel régional Rance - côte d'Émeraude. Gildas Cheny, ledirecteur, répond aux interrogations point par point.



Le Télégramme: L'assemblée générale de Coeur Émeraude, jeudi soir, àPlouër-sur-Rance, a donné lieu à de vifs débats sur le projet de parc naturel régional...
Gildas Cheny: «C'est normal que les élus n'aient pas envie de signer un chèque en blanc. Il est important de parler des craintes, des interrogations, des doutes. La phase de travail engagée en2011 et2012 vise à aider les élus dans l'élaboration du projet de Parc naturel régional (PNR): c'est chacune des 66 communes qui décidera, au final, de voter pour ou contre son intégration au parc. Il faut donc que chacun s'y retrouve. Mais jusque-là, je dois dire qu'une bonne partie des élus sont enthousiastes.»

Quelle est la crainte qui revient le plus souvent?
«Elle porte sur le périmètre d'étude fixé par la Région, qui n'engage d'ailleurs à rien. Ce périmètre doit être fondé sur une cohérence du patrimoine naturel et culturel, et sur l'adhésion de la population autour d'une unité de territoire. Certains élus trouvent la zone trop éloignée de la Rance vers l'ouest. D'autres, au contraire, voudraient voir le périmètre encore élargi; c'est le cas, par exemple, vers Plancoët, où la communauté de communes n'est pas entièrement intégrée au périmètre actuel. C'est difficile de dépasser les frontières déjà bien établies des intercommunalités mais cela se fait dans d'autres PNR. Je crois qu'il y a une vraie cohérence entre l'axe central de la Rance et la délimitation de la pointe du Groin au cap Fréhel, qui définit la côte d'Émeraude.»

Autre crainte souvent évoquée, les contraintes que poserait un tel parc au développement économique?
«C'est pourtant un point fort: un parc dégage une image très positive, qui met en avant les richesses du territoire. C'est l'image du territoire qui est bonifiée car les PNR sont une marque nationale reconnue. Cette marque peut être utilisée par les producteurs locaux, par les professionnels du tourisme, par les communes. C'est une valeur ajoutée.»

C'est à croire qu'il n'y a aucune contrainte
... «Ce sont les signataires, c'est-à-dire les collectivités partenaires, qui décident ce qu'on pourra faire ou pas dans le parc. Le tout est consigné dans une charte propre à chaque parc, qui, une fois signée par les communes et promulguée, est valable douze ans. Cette charte est opposable aux collectivités mais pas aux habitants ni aux entreprises.»

Ni aux agricult


eurs?
«Au contraire, les agriculteurs qui vivent dans des parcs ont souvent plus d'aides, leurs produits et activités sont mieux valorisés. Et l'un des objectifs d'un parc est de protéger les terres agricoles. Il n'y a pas de raison de s'en faire.»

Natura 2000, projet de parc marin normando-breton, loi littoral... Certains redoutent l'empilement de zones protégées.


«Tous les parcs naturels comprennent des zones Natura 2000 et d'autres règlements particuliers. Il faut passer du temps pour mettre au point la bonne gouvernance mais cela se fait. Tout le monde construit le projet ensemble, il n'y a donc pas de raison d'arriver à des divergences.»

Vivrons-nous dans une réserve, comme des Indiens, d'ici quelques années?
«Prenez l'exemple du premier parc naturel régional créé en France, en 1967, dans le Nord-Pas-de-Calais. C'est aujourd'hui le plus peuplé des PNR et les habitants comme les entreprises s'y sentent bien. C'est exceptionnel de voir une commune décider de sortir d'un PNR. C'est toujours long à créer mais au final, on s'y sent bien.»

Le calendrier et le coût du projet de parc naturel régional

Le calendrier.
Jusqu'à la mi-2012,
c'est la phase de préfiguration du projet, de construction du dossier, d'explication des tenants et aboutissants aux collectivités locales qui ont les rênes du projet en main. Si une volonté et un consensus se dégagent, à la fin 2012, l'association Coeur Émeraude se lancera dans l'écriture de la charte qui présidera aux destinées du Parc naturel régional (PNR), toujours en concertation étroite avec les élus. À la fin 2013, un premier document sera remis à l'État, qui donnera un avis intermédiaire. Si cet avis est positif (même sous réserve de modifications), le projet sera soumis àenquête publique pendant l'année 2014. Si le rapport d'enquête publique est positif, le dossier sera enfin soumis aux conseils municipaux des communes intégrées au projet, qui décideront d'entrer ou non dans le PNR. Si deux ou trois communes refusent, cela ne compromet pas le projet; si c'est un tiers, c'est plus compliqué. En fonction du vote des communes, le Premier ministre signera le décret classant la zone en PNR pour douzeans. Le coût.
«En moyenne, un PNR coûte 2,5MEUR par an, explique GildasCheny. 90% de cette somme est financée par la Région (40 à 50%), le Département (30% environ), puis l'État, l'Europe... Les communes signataires paient 10% de ce budget annuel. Autrement dit, le fait d'être dans un parc permet à une commune de drainer plus d'argent public, en échange d'efforts pour restaurer son patrimoine, organiser des événements, agir pour la biodiversité, le paysage, ou aider les entreprises à s'installer, etc.»

Les élus partagés entre réserve et enthousiasme

Charles Josselin, président de l'association Coeur Émeraude.
«Le parc est la seule manière de répondre aux contraintes qui sont déjà les nôtres. C'est la seule manière de concilier protection des espaces naturels et développement. Avec le parc, nous avons la possibilité de convenir ensemble de la manière de gérer notre espace. De plus, cela offre le moyen de gérer en commun, un espace historiquement lié, et pourtant administrativement séparé entre deux départements. Nous n'en sommes qu'au début, il faudra regarder de très près la question du périmètre, et impliquer les collectivités locales, y compris les intercommunalités. Le périmètre d'étude ne sera sans doute pas le périmètre définitif. Si le calendrier a été revu, c'est qu'il faut du temps pour maturer ce projet.» Alain Jan, maire de Corseul, vice-président de la communauté de communes de Plancoët - Val d'Arguenon.
«
Nous avions exprimé le voeu que toute notre intercommunalité soit intégrée au périmètre d'étude. Cela n'a pas été le cas et on le regrette. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à s'interroger sur ce périmètre. Néanmoins, je pense qu'il faut aller jusqu'au bout de l'étude, puisqu'au bout du bout, c'est nous qui décidons d'intégrer ou pas le PNR. Le projet connaît un nouveau départ, et nous participerons à la réflexion. L'idée de parc en elle-même est fort intéressante. Il est prévu que nous allions voir ailleurs ce qui a été fait, en terme d'atouts et de contraintes.» Sylvie Mallet, maire de Dinard.
«Je ne suis pas, a priori, défavorable. Il faut simplement faire attention aux contraintes que cela nous créerait. Il existe déjà beaucoup de règlements qui se superposent, et qui sont inconfortables pour le développement économique et urbanistique. C'est vrai que c'est un label porteur, mais il ne faut pas que cela soit conduit par des ayatollahs de l'environnement. Avec Coeur Émeraude, nous discutons régulièrement. L'écologie est un état d'esprit, et avant tout du bon sens. Mais on ne doit pas être trop éloigné de la préoccupation essentielle: le développement. Tout est affaire d'équilibre.» Michel Vaspart, conseiller général et maire de Pleudihen-sur-Rance.
«Pleudihen s'était déclarée favorable à l'étude de faisabilité pour préciser les contraintes éventuelles qu'occasionnerait un PNR. Nous nous déterminerons en fonction des résultats de cette étude. Mais pourquoi pas, à condition que cela réponde aux attentes des concitoyens, notamment sur la gestion des sédiments en Rance. Il ne faut pas non plus que cela soit une couche de plus après Natura 2000, la loi littoral, la Rance classée 1930, et peut-être le parc marin dont on ne sait pas s'il intégrera la Rance maritime. Ce mille-feuilles paraît bien compliqué et contraignant. Nous avons beaucoup d'habitants dans la région, nous ne sommes pas au milieu du massif Central. Nous ne voulons pas vivre dans un aquarium. Donc, tout dépendra de ce qu'on mettra dedans. Il ne faut pas que ce soit un blocage au développement agricole ou économique.» Francis Reynes, président de la communauté de communes du pays d'Évran.

«Je suis très favorable à ce projet et je souhaite qu'il aboutisse le plus rapidement possible. Le pays d'Évran serait la porte d'entrée de ce futur parc. Nous disposons d'un patrimoine exceptionnel que sont les Faluns, qui seraient un des points forts de ce parc. Il y a une cohérence entre les territoires du sud de Dinan et de la côte: cette cohérence, c'est la Rance. Ce projet nous permettra de nous développer en protégeant et valorisant notre patrimoine. Je me battrai pour que cette locomotive qu'est le PNR existe, avec ou sans modification du périmètre actuel.»
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