22 février 2012
Jacmel, dans le sud-est d'Haïti, 80km au sud de la capitale Port-au-Prince. 40.000 habitants avant le séisme du 12janvier 2010, aujourd'hui 70.000. «Après le séisme, de nombreux Haïtiens se sont réfugiés dans les grandes villes afin de trouver de quoi se nourrir. Mais la situation est encore critique car les besoins sanitairessont encore considérables», raconte Tiphaine Coupel, 42 ans, infirmière sapeur-pompier volontaire à Dinan. Elle revient d'une mission humanitaire, du 16 au 28janvier. C'est grâce à l'association Pompier international des Côtes-d'Armor (*) qu'elle s'est lancée dans l'humanitaire en Haïti. Une première pour cette mère de famille. «Depuis deux ans, plusieurs bénévoles se relaient sur place. L'idée germait depuis un petit bout de temps en moi, mais je n'ai jamais trouvé le temps, avec la famille».
Deux heures de marche pour se soigner
Pendant deux semaines, Tiphaine était accompagnée par une autre infirmière et un sapeur-pompierprofessionnel, Costarmoricains également. Chaque jour, c'était le même rituel «Nous nous levions 5h30, afin d'envoyer le texto du matin à la famille et à l'association. Puis la journée se poursuivait avec les soins, des distributions de vêtements et des formations médicales». Sur place, les trois membres de l'association ont ramené 50kg de médicaments. «Il y a de nombreux cas de carence nutritive. Les Haïtiens n'ont pas d'argent pour se payer les soins. Et parfois les petites blessures se transforment en infections... Je me rappelle de cette petite fille qui avait deux heures de marche aller-retour afin de venir se soigner pour une plaie», déplore Tiphaine. À Pinchinat, un quartier de Jacmel, un stade de football, transformé en camp de sinistrés, accueilletoujours 3.000 personnes dans des tentes. «Nous avons passé quelques heures sur place. C'est alarmant, en trois heures, nous avons fait 70 consultations.»
Un dispensaire bientôt
À Jacmel, rien n'a changé depuis deux ans, selon les membres del'association, présents 48heures après le séisme. «Ah si une station Total refaite à neuf, c'est tout... C'est déblayé, mais il y a encore les marques. Et puis les ONG présentes sur place ont pratiquement disparues. En quinze jours, nous ne les avons pas vues». Petite avancée pour les Haïtiens, la construction depuis deux ans d'un dispensaire. «C'est le fil rouge de l'association depuis le séisme. Mais nous avons galéré afin de relancer les acteurs et artisans locaux. Il ouvrira si tout va bien en mai prochain. Ce dispensaire, remis aux autorités, accueillera des praticiens et pourra réaliser de 80 à 100 consultations par jour».