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Julien Clerc. «La musique, c'est ma vie»

6 novembre 2011 - 1 réactions

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Demain, Julien Clerc publiera «Fou, peut-être», un album où le chanteur, âgé de 64 ans, retrouve les envolées vocales et les orchestrations de ses débuts. Pour cet opus, il s'est entouré d'amis de longue date (Jean-Loup Dabadie, Charles Aznavour...), tout comme de jeunes auteurs. Il revient sur son parcours et surtout sur la musique, sa «religion».

Philippe Uminski, qui a réalisé l'album, vous a-t-il poussé à retrouver le son de vos disques des années 70 ?
Philippe a découvert mon travail quand il était adolescent et je pense qu'il a été marqué par cette période-là. Il le dit très bien : «Les artistes veulent toujours évoluer et il n'y a que des jeunes cons comme moi pour vouloir les ramener dans le passé». S'il voulait aller dans cette direction-là, c'est que le matériau brut était là, j'avais bel et bien fait des chansons avec des envolées vocales. Mais c'est vrai que, par moment, j'avais des doutes. Et lui me disait «c'est ça qui est bien, on ne vous a pas entendu comme ça depuis longtemps, c'est ce qu'il faut faire». Moi, j'arrive à un moment où on peut me faire faire tout ce qu'on veut. Je commence à être comme un acteur à qui le metteur en scène dit: «Fais-moi une prise gaie, fais-moi une prise en colère».

Parlez-nous des jeunes auteurs à qui vous avez fait appel, Alex Beaupain, Julien Doré et Mike Ibrahim.
Beaupain, il est très fort. Quand les autres auteurs ont entendu sa chanson, ça n'a pas raté, ils m'ont tous demandé de qui elle était! Ce qu'il m'a proposé m'a surpris, parce que c'est une chanson sur un homme qui se retrouve seul le soir. Au début, je me suis dit que ce n'était pas vraiment moi et puis j'ai vu les vertus de ce texte. On a un côté acteur en chantant, on doit pouvoir parler de tout, même si ce n'est pas votre vie. Julien Doré, je le vois, je le surveille. Ça m'intéressait de savoir ce qu'un jeune homme qui sortait de ce truc de téléréalité allait proposer quand il allait faire son propre disque. Et il a proposé quelque chose de tellement loin de tout ça, de tellement personnel, dans une bulle poétique. Je me suis dit: «Lui, je vais lui donner une ou deux musiques pour qu'il mette ses mots dessus». Quant à Mike Ibrahim, je l'avais eu en première partie au Palais de Sports à Paris, il y a trois ans. Et je l'avais trouvé formidable, seul avec sa guitare devant 5.000 à 6.000 personnes qui ne le connaissaient pas. Depuis les coulisses, j'avais senti une sympathie immédiate des gens. Je suis en constante recherche d'auteurs. Pendant un moment, il y a eu un trou, je trouve, dans la production française. Maintenant, on retrouve vraiment des gens qui sont très forts.

Pourquoi avoir demandé à Maxime Le Forestier d'écrire «Fou, peut-être», une chanson sur le fait d'être devenu père à 60 ans ?
Lui, il est assez bon dans les commandes et c'est celui qui, humainement et depuis longtemps avec (Jean-Loup) Dabadie, est le plus proche de moi. On avait passé les vacances ensemble, il avait vu ce petit bébé naître, il a vraiment vécu depuis le début, en tant qu'ami, la rencontre avec ma compagne. C'est bizarre que ça lui ait inspiré ça (une métaphore sur la mer et la natation, NDLR) mais en même temps, il dit plein de choses importantes, avec plusieurs degrés de lecture.

Composer, est-ce un jeu ou un travail ?
J'ai la chance d'avoir trouvé un métier que je fais en m'amusant. Je ne savais pas du tout ce que j'allais faire, je ne voulais pas suivre le chemin qu'on avait tracé pour moi. Mon père avait fait de grandes études, il était normalien. Comme j'étais son fils aîné, il rêvait évidemment pour moi de choses intellectuelles. Mais je n'aurais jamais eu la force de faire les études qu'il a faites. Donc, j'ai eu la chance de découvrir un jour que j'étais capable d'inventer des mélodies et de rentrer en musique un peu comme on rentre - sans vouloir utiliser de grands mots - en religion. La musique, ça aura vraiment été ma vie. J'ai ma vie privée bien sûr, mais jamais rien d'autre ne m'a intéressé.

  • Propos recueillis par Bénédicte Rey
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1 réaction

  • botul
    c'est sa vie...
    ...mais c'est pas une raison pour nous échouir ( verbe ancien Picard entendu récemment en Picardie et signifiant "casser les oreilles"...)
    Ajouté le 6 novembre 2011 à 08h44

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