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Musique

Jean-Luc Lemoine. «Bouffon, au sens noble»

9 septembre 2009

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Son émission d'été «L'habit ne fait pas Lemoine» a bien amusé les télespectateurs du samedi soir sur France 2. Avant sa reprise éventuelle, Jean-Luc Lemoine retrouve les planches. Mardi prochain, il sera l'invité d'honneur de La Route du Rire Volkswagen, en escale au Quartz de Brest. Rencontre avec un humoriste fourmillant de projets.



Mardi prochain, vous êtes l'invité d'honneur de La Route du Rire qui fait halte au Quartz de Brest. Qu'allez-vous y présenter?
Je vais conclure la soirée par une demi-heure de spectacle. Ce ne sera pas un best-of, plutôt un condensé de mon dernier one-man-show «Jean-Luc Lemoine au naturel». J'essaie de proposer un petit mix digeste. Je pense qu'il y aura le sketch sur le père qui craint d'avoir un enfant moche, celui sur un homme qui appelle SOS Suicide... J'en jouerai aussi un qui ne figure pas sur mon DVD du spectacle et qui parle de chanson française.

Cyril Hanouna, Éric Antoine et les jeunes talents Charlotte Gabris, Y'a Nos Styles et Mathieu Madénian vous précéderont sur scène. Avez-vous un coup de coeur particulier pour l'un d'entre eux?
Je ne peux juger ni Cyril, ni Antoine, parce que ce sont des amis. Parmi les jeunes talents, le seul que je connaisse vraiment, c'est Mathieu Madénian, dont j'aime beaucoup le travail. La preuve, c'est qu'il a oeuvré comme auteur sur mon émission télé de l'été, «L'habit ne fait pas Lemoine»!

Vous avez encore monté une marche à la télé en devenant le patron de cette émission. Quel bilan tirez-vous de l'expérience?
Épuisant et grisant en même temps. Tous les membres de l'équipe ont bossé comme des fous. On voulait quelque chose de très écrit, qui serait différent de tout ce qui peut être proposé à la télévision française. Singer les autres n'a aucun intérêt. Il a fallu beaucoup travailler en amont parce que, pour avoir les invités qu'on souhaitait, nous avons dû enregistrer avant l'été. Même si ça a été une mine de travail, jouir de cette liberté-là a été passionnant. En sortant, on n'avait qu'une envie, prendre des vacances, et au bout de deux semaines, qu'une autre envie, y retourner!

L'émission va-t-elle continuer?
France 2 est très contente du format et du résultat, avec les bons retours d'audience et de la presse qui ont salué un talk-show nouveau. Seulement, la chaîne ne nous avait pas prévus dans sa grille de rentrée établie il y a longtemps. Alors, disons qu'on est dans les starting-blocks, prêts à revenir n'importe quand. Des rendez-vous comme le «panel» de faux téléspectateurs joués par des comédiens seraient conservés, mais il y aurait aussi forcément des modifications. Je viens de la scène et mon mode de fonctionnement a toujours été de remettre mon travail en question pour essayer de l'améliorer.

Parmi les invités de «L'habit ne fait pas Lemoine», quels ont été vos meilleurs «clients»?
On n'a pas eu trop à se plaindre. Il y a eu des moments superbes et très différents. Je n'avais encore jamais fait ça et j'y allais avec un peu d'appréhension, en me demandant si j'allais réussir à m'amuser avec tant de choses à gérer. Finalement, je crois que je me suis laissé un peu emporter, comme si je recevais des copains à un repas à la maison. Ça a été vraiment le cas avec Florent Pagny. Même si on ne se connaissait pas avant, j'ai eu l'impression d'être en train de déconner avec un pote. Les «politiques» ont été des surprises agréables. Jack Lang, Fadela Amara, Nathalie Kosciusko-Morizet et Yves Jégo sont venus, ce qui est formidable pour une émission neuve. On connaît l'importance de l'image pour eux, c'est normal qu'ils soient toujours un peu méfiants. Je trouve qu'ils se sont livrés avec beaucoup de naturel, comme je ne les avais jamais vus le faire à la télé.

Vous le rappeliez, vous êtes issu de la scène. Alors qu'est-ce qui vous attire le plus à la télé: la gloire, l'argent, piquer sa place à votre mentor, Laurent Ruquier?
Absolument pas piquer sa place à Laurent Ruquier! Nous voulions faire une grande émission d'humour. Laurent en propose une où il y a bien sûr de l'humour, mais aussi beaucoup d'infos et de sons... Je suis très client de ce qui se passe aux États-Unis où il existe beaucoup d'émissions de ce genre sur les grandes chaînes, deux ou trois par soir! Il n'y a qu'en France où l'on soit assez pauvre dans ce format. Les retours positifs que j'ai eus confirment que les gens ont envie d'émissions dans cet esprit, un peu plus légères, où l'on s'amuse. Donc piquer sa place à Ruquier, sûrement pas, mais être programmé en même temps que lui, j'adorerais! Pour ce qui est de l'argent, si on m'en donne, je le prendrai, et si on m'en donne beaucoup aussi, sans hésitation! Je suis ravi d'être arrivé à la tête d'une émission, mais je l'ai fait au moment où tous les budgets ont baissé. Dix ans plus tôt, j'aurais été beaucoup plus riche. Et très sincèrement, ce n'est pas le moteur principal.

Reste la célébrité...
Vous allez peut-être croire que je mens, mais ce n'est pas la gloriole qui m'intéresse. J'aime le succès pour deux raisons. La première, c'est que je n'ai pas du tout la vocation d'artiste maudit. Je travaille pour les gens, et, qu'ils apprécient ou non, j'ai vraiment envie qu'ils puissent voir ce que je fais. La deuxième, c'est que le succès apporte du confort dans le travail. On obtient plus de moyens, et on peut choisir ses collaborateurs. Par contre, être reconnu dans la rue, si c'est chaleureux, tant mieux, mais ce n'est pas ce après quoi je cours.

Votre humour peut être grinçant. Êtes-vous un amuseur méchant?
Non! Après mon premier spectacle, on m'avait rangé dans la catégorie «humour noir». Personnellement, même si j'essaie de bousculer les gens, j'ai l'impression de le faire d'une manière plutôt «bon enfant», avec une part d'absurde. Je revendique les côtés potache et sale gosse. Je suis moqueur, mais pas méchant. Si j'ai mauvais esprit, c'est parce que, dans une situation, j'imagine toujours le truc qui va déraper. De toute façon, en général, lorsque je n'aime vraiment pas quelque chose ou quelqu'un, je n'en parle pas. Même les cibles que j'ai pu avoir à la télévision étaient des gens pour lesquels j'avais de l'affection. Un humoriste doit tenir le rôle du bouffon, au sens noble du terme: être là pour faire rire les gens en dénonçant certains trucs, mais sans jamais jouer les donneurs de leçon.

Où en sont vos autres activités: cinéma, radio?
Le film traitant de musique que j'ai co-écrit est pour l'instant en stand-by, L'industrie du cinéma vit un moment un peu difficile en ce moment... En tant qu'acteur, on m'a proposé plusieurs rôles dans des comédies des fois un peu trash, mais ce sont des premiers films, pas évidents à financer. Si bien que je pourrais me retrouver aussi bien dans trois films que dans aucun. La radio, j'en ai fait beaucoup avec Laurent Ruquier, mais je ne suis plus dans son équipe. Une station importante m'a proposé de faire un billet matinal, un peu comme Guyon ou Carlier. Seulement, je devais faire le pilote au moment où j'enregistrais l'émission de télé, si bien que j'ai dû décliner. Comme les gens qui m'avaient contacté n'ont pas abandonné l'idée, c'est partie remise.

Vous avez appris la patience en tant qu'auteur de théâtre. Votre pièce «Amours et chipolatas» triomphe, mais elle avait mis dix ans à être montée...
Exactement. Je rappelle ça aux amis qui me disent qu'ils galèrent pour leur donner un peu d'espoir. Les chemins de la production sont tortueux... Parce que, si la pièce «Amours et chipolatas» a attendu dix ans avant d'être jouée, on s'apprête à fêter la millième, et cela fait trois ans qu'elle est sans discontinuer à l'affiche à Paris et en tournée! Honnêtement, c'était complètement inespéré. J'ai une autre pièce toute neuve que j'adorerais voir produire, «Témoin de mariage», mais je serais bien incapable de dire quand elle sera montée.

  • Propos recueillis par Frédéric Jambon
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[INTER_TIT_B]REPÈRES [/INTER_TIT_B]Naissance. Le 6 mars 1970 à Morangis, d'une mère vietnamienne et d'un père aux attaches bretonnes. Ses parents habitent la région de Saint-Brieuc. Télévision. «Médiateur» de l'émission de Laurent Ruquier «On

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