20 juillet 2009
Au coeur de la ville, sur le territoire en pleine mutation de l'île de Nantes, là où étaient implantés les chantiers navals, deux anciens de la compagnie Royal de Luxe ont aménagé, sous une nef métallique surmontée d'un toit translucide, un atelier de construction de machines géantes. Celles-ci s'animent dans une galerie, où les visiteurs peuvent les tester... Hommage au passé industriel et portuaire de Nantes, à la mer, à Jules Verne (né à Nantes). Un subtil mariage de l'imaginaire et de la haute technologie. Un voyage extraordinaire, hors du temps! Squelette métallique coiffé de bois et de cuir, l'éléphant est la première création des Machines. Née en2007, elle est aussi la seule à s'échapper du bâtiment, plusieurs fois par jour. L'éléphant mesure 12m de haut, marche, cligne des yeux, bouge les oreilles, lève la trompe, barrit, fait pipi et projette de l'eau sur les curieux! Il peut embarquer 45 passagers. Au premier niveau, vous êtes au coeur de l'animal. La structure couine, siffle, vrombit, grince. Vous avez l'oeil sur les pistons, vérins, rouages et câbles qui actionnent cou, tête, mâchoire, langue, pattes... Au second niveau, la terrasse offre une vue originale sur les quais de la Loire et la ville. Les idées de créatures germent dans la tête de François Delarozière et Pierre Oréfice, les deux créateurs du projet des Machines. Elles se matérialisent ensuite sur des croquis à la Léonard de Vinci, réalisés par François Delarozière, puis en maquettes. Le bureau études (douze personnes dont six ingénieurs) prépare leur naissance. Celle-ci intervient dans le gigantesque atelier, visible par tous les visiteurs perchés 7,5m plus haut. Une ruche où s'activent jusqu'à cent personnes: menuisiers, charpentiers, tourneurs, soudeurs, chaudronniers, électromécaniciens...
Crabe géant calamar à rétropropulsion...
Dans la galerie voisine, des machinistes racontent l'histoire de chaque créature. Machine dont ils expliquent puis livrent les commandes au public. On peut prendre place dans le Luminaire des grands fonds, le Crabe géant, le Poisson pirate, le Calamar à rétropropulsion, la Raie manta, le Bus abyssal, le Serpent des mers... Il y a aussi un centre européen d'essais en vol, «dédié à tous les fous volants». Dans cette soufflerie, un «pou du ciel» fait vivre à deux passagers les sensations d'un vol à plus de 100km/h. Quant aux visiteurs qui auront préalablement enfilé un ciré, ceux-ci pourront prendre place sur un petit navire qui les plongera au coeur d'une tempête!
Projets titanesques
Les dix machines actuelles prendront place, au printemps 2011, sur les quais voisins de la Loire , dans le Manège des mondes marins. Ce carrousel de 32m de haut (un tiers enterré) et de 20m de diamètre accueillera alors, sur trois étages symbolisant les fonds marins, les abysses et la surface, 32 créatures mobiles (72 places), et 300 visiteurs, guidés par 15machinistes. Encore plus fou: le projet d'Arbre aux hérons. Un arbre en acier de 45m de diamètre et 28m de haut (1.000 tonnes), surmonté de deux hérons. Sous leurs ailes, dans des nacelles, et sur leur dos, des passagers pourront survoler l'ensemble... après un parcours de 450m dans les branches, véritables jardins suspendus. Le public accède d'ores et déjà à la première des 22 branches, qui traverse l'édifice et surplombe le parvis. Si le projet est confirmé, il devrait voir le jour en 2016-2018.