6 août 2009
Le rideau du Grand théâtre s'est ouvert sur Karan Casey, chanteuse irlandaise à la voix magnifique qui n'a laissé insensible aucun spectateur, mardi soir. Envoûtante, cette chanteuse, imposée il y a quelques années comme la plus grande d'Irlande, n'était pas venue au Festival depuis dix ans. Un choix de première partie excellent. Puis, l'atmosphère change totalement.
Baroque et traditionnelle
La lumière se tamise et Yann-Fañch Kemener fait son entrée. Ambiance cosy, discrète, délicate, comme un tableau qu'on ne doit pas toucher avec les doigts. À gauche, deux femmes: Ruth Weber, violoniste et Florence Rouillard, derrière un improbable clavecin, sorti d'un vieux livre du XVIIIesiècle. À droite, une viole de 250 ans, entre les mains d'Aldo Ripoche, qui entame une complainte poignante. La musique savante envahit la salle. On s'attend à voir surgir une belle dame poudrée de blanc à la crinoline imposante. Yann-Fañch Kemener, en chemise rouge, chante. Ses ritournelles bretonnes racontent des histoires d'amour déchues et les refrains lancinants hypnotisent les spectateurs.
Alliance parfaite
L'émotion du public est aussi perceptible que celle du chanteur qui, lui non plus, n'était pas revenu au Festival depuis dix ans. Créé en 2006 à Amzer Nevez, l'artiste a collecté des chants vannetais, puis, d'un travail de recherches, avec la collaboration d'Aldo Ripoche, les arrangements ont transporté les auditeurs au pays de Boismortier. L'alliance fut parfaite. La soirée un succès. Après sa réussite au Festival de Cornouaille, puis, au Festival interceltique, il est à parier que l'une des voix les plus connues en Bretagne prenne le chemin de nouveaux projets.
