8 septembre 2010
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En 1992, l'état d'urgence est déclaré en Algérie après l'assassinat du Président Mohamed Boudiaf, et le GIA (Groupe islamiste armé) ordonne à tous les étrangers de quitter le pays.
Dans le monastère de Tibhirine perché dans la montagne, des moines français apprennent la nouvelle avec consternation. Depuis de longues années, ces trappistes entretiennent des rapports fraternels avec les villageois musulmans qu'ils hésitent à abandonner. Mais rester peut aussi mettre leur vie en danger. En 1996, les cisterciens furent enlevés et l'on ne retrouva que leurs têtes quelques jours plus tard. Les circonstances de leur mort restent mystérieuses, malgré une levée du secret défense en 2009.
L'enquête en cours a établi des mensonges d'État sans pouvoir prouver qu'une bavure de l'armée algérienne ait été à l'origine du massacre.
Un destin exceptionnel
Xavier Beauvois, auteur des brillants «N'oublie pas que tu vas mourir» et «Le petit lieutenant», laisse ce contexte historique en toile de fond, pour se concentrer sur les hommes qui ont vécu ce drame. Il dépeint minutieusement la vie quotidienne des religieux, aux journées ponctuées par les prières, les chants, et leurs différentes activités humanitaires.
Lambert Wilson, le prieur, cherche à apaiser ses doutes lors de randonnées solitaires dans un paysage grandiose.
Michael Lonsdale épuise ses vieillissantes forces dans ses consultations médicales. Les autres, jardinier, maçon ou cuisinier, ne peuvent empêcher la peur de les envahir. Le réalisateur montre sans angélisme des êtres humains en proie au doute, confrontés à un destin exceptionnel, grâce à des acteurs soudés qui rendent crédibles leur décision commune de rester quoi qu'il arrive.
L'image presque sépia, intemporelle, parvient à faire approcher la dimension spirituelle des protagonistes. Elle contraste avec une illustration sonore audacieuse.
Un film chaleureux et mystique
Le dernier repas des moines est sublimé par «Le lac des cygnes», et leur enlèvement rythmé par la musique western de «Il était une fois dans l'Ouest». Ce film chaleureux, plus mystique que religieux, a amplement mérité son Grand Prix lors du dernier Festival de Cannes où il a bouleversé les spectateurs les plus blasés.
26 mai 2012
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