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Au cinéma cette semaine. "The Artist"

11 octobre 2011

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Avec «The Artist», Michel Hazanavicius signe un merveilleux hommage au cinéma muet et conjugue drôlerie et émotion avec un rare bonheur. Le pari n'était pas gagné d'avance, mais il est remporté haut la main.

Hollywood 1927. George Valentin est la plus célèbre star du cinéma muet. Lors d'un tournage, il rencontre fugitivement une jeune figurante, Peppy Miller, à qui il donne quelques conseils avant que leurs routes se séparent pour prendre des directions très différentes. Car l'arrivée du cinéma parlant, qu'il méprise, entraîne George, ruiné, chômeur, alcoolique, suicidaire, dans une descente aux enfers.
Au contraire, Peppy Miller voit sa carrière décoller et se retrouve au firmament des vedettes de l'époque. Mais elle n'a jamais oublié le coup de foudre ressenti à sa première rencontre avec George et va faire renouer celui-ci avec le succès et lui offrir en plus une vraie histoire d'amour.

Le ton de Chaplin
Tournant une fois encore avec Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, qui aurait pu se contenter d'un troisième «OSS 117», a préféré se lancer dans une entreprise à haut risque en réalisant un film muet, en noir et blanc, consacré au Hollywood des années 30.
Le sujet rejoint celui du splendide «Chantons sous la pluie», mais sans le copier, car Hazanavicius, superbement aidé par son chef-opérateur Guillaume Schiffman, a retrouvé exactement la façon de filmer de cette période. Il va au-delà du simple pastiche et réussit un vrai film à la mode d'autrefois, dans lequel il introduit de l'humour, de l'action et adopte le ton et le style des mélodrames de Chaplin.

Charme euphorisant
Après une première heure absolument magique, le rythme se ralentit légèrement, puis repart jusqu'à un final musical éblouissant où les deux interprètes se livrent à des numéros de danse directement inspirés de ceux de Fred Astaire et de Ginger Rogers.
Si «The Artist» distille un tel charme euphorisant, il le doit aussi à la qualité de sa distribution. Avec un Jean Dujardin prodigieux qui se propulse avec aisance dans la peau d'un Douglas Fairbanks mêlé de Rudolph Valentino. Avec une Bérénice Béjo, charmeuse, malicieuse et touchante. Et un petit chien-clown craquant.
Ajouté in extremis aux films français en compétition au Festival de Cannes, ce bijou de cinéma a valu un prix d'interprétation masculine à Jean Dujardin. Il aurait largement pu figurer sur une marche plus haute du palmarés.

  • André Rivier
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