15 juillet 2010
Si vous êtes pêcheurs à pied, vous serez peut-être photographiés aujourd'hui par un avion survolant les côtes. Le parc naturel marin d'Iroise a, en effet, lancé une étude sur la pratique de la pêche à pied à la pointe bretonne, déjà entamée cet hiver avec la population locale. Cette fois, c'est la fréquentation estivale qui va être mesurée par avion, sauf sur la presqu'île de Crozon où les survols sont interdits. Elle se fera par observation côtière.
Un état des lieux de la pêche de plaisance
«Pour gérer au mieux le territoire du parc marin, il nous faut un état des lieux complet de la pêche de plaisance, indique Philippe Gredat, un des chargés de mission du parc. Nous avons commencé, cet hiver, par une enquête téléphonique sur toutes les pratiques (à pied, en bateau, en plongée...) et nous poursuivons avec ces grandes marées estivales qui culmineront à 112 le 12août et 116 le 10septembre». «Le but, ajoute-t-il, n'est pas d'interdire quoi que ce soit mais d'avoir des indicateurs plus précis sur la pression que subit le milieu pour mieux informer les pratiquants et éviter qu'il ne faille, un jour, revoir à la baisse les normes actuelles sur la quantité ou la taille des espèces prélevées».
Des champs de blocs
Dans cet état des lieux de la pêche à pied, le parc porte une attention particulière à ce que les scientifiques appellent les champs de blocs, ces zones immergées qui ne se découvrent que lors des grandes marées (plus de 90). Ils peuvent couvrir de très larges étendues dans l'archipel de Molène ou la Chaussée de Sein mais on trouve également des champs de blocs de tailles plus réduites tout le long du littoral. «Ces zones ont un rôle écologique majeur, indique Philippe Gredat, car ils concentrent une biodiversité animale et végétale exceptionnelle. Tout le début de la chaîne alimentaire s'y concentre et ils attirent des espèces herbivores et, par incidence, des poissons carnivores. C'est toute une biodiversité qu'il faut préserver en remettant les blocs à leur place quand on les retourne, parfois à la barre à mines comme on a pu le voir sur certains îlots».
Deux vies détruites
Si on retourne ces blocs, ce sont deux vies animales et végétales que l'on détruit: celle du dessus qui ne survivra pas à l'obscurité ou à l'écrasement et celle du dessous qui ne supportera pas de se retrouver à la lumière. Il est donc impératif de toujours les remettre à leur place et ce qui est valable sur ces champs de blocs l'est tout autant avec les autres pierres ou rochers sur le sable, la vase ou les estrans rocheux. Grâce à un nouveau procédé, il est même désormais possible de suivre l'indice visuel de retournement sur ces champs de blocs, autrement dit une photographie de sites avec des couleurs indiquant les zones qui ont été retournées. Des éléments concourant à cet état des lieux complet que le parc marin veut établir, à une échelle encore inédite, pour préserver au mieux l'avenir de l'exceptionnelle biodiversité de la mer d'Iroise.
26 mai 2012 à 06h41
26 mai 2012 à 08h07