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Au cinéma cette semaine. Cheval de guerre

21 février 2012

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Pour une fois, le slogan publicitaire ne ment pas. «Cheval de guerre» est bien le concentré en un seul film de toute l'oeuvre de Steven Spielberg. Résultat: une grande réussite qui comporte quelques séquences parmi les plus sidérantes du cinéma actuel.

Drame de Steven Spielberg, avec Jeremy Irvine, Peter Mullan, Emily Watson. L'histoire commence au début du XXe siècle dans une petite bourgade du nord de l'Angleterre. Parti au marché pour acheter un cheval de trait, un excentrique paysan revient avec une bête sauvage incapable de labourer. Son fils Albert, baptisant l'animal Joey, parvient à dresser cet étalon au charisme formidable et se lie avec lui d'une exceptionnelle amitié. Mais la guerre de 1914 éclate et Joey est réquisitionné par l'armée. Traversant la Manche et la France, le jeune garçon va mettre sa vie en péril pour retrouver son compagnon pris dans la tourmente de la grande boucherie de la Première Guerre mondiale.

Fresque historique

Il n'est pas surprenant que Steven Spielberg se soit passionné pour ce sujet tiré d'un roman de Michael Morpurgo paru en 1982 qui a ensuite, curieusement, fait l'objet d'une comédie musicale. On retrouve en effet ici tous les ingrédients chers au cinéaste: la guerre qu'il a déjà traitée dans «Il faut sauver le soldat Ryan», le film d'aventures façon «Indiana Jones», et l'amitié entre deux êtres différents comme dans «E.T». Il livre donc une fresque historique pleine de bruit et de fureur, au lyrisme assumé avec, au centre de l'histoire, un jeune cheval épris de liberté, qui va devenir un héros, et qui, partout où il va, séduit les hommes, quelle que soit leur nationalité. Tous veulent l'aimer, mais aussi l'utiliser pour sauver leur peau.

Tours de force techniques et narratifs

Le film commence en douceur, ponctué par des scènes bucoliques et comiques, avec un couple de fermiers hors-normes, Peter Mullan et EmilyWatson, un maire ridicule, David Thewlis, et une oie belliqueuse. Le contraste est d'autant plus saisissant avec la suite qui restitue les horreurs des combats de 14-18 avec une force et une maîtrise qui laissent pantois. À ceux qui se cabreraient devant ce qu'ils pourraient considérer comme un mélodrame pour adolescents, Spielberg répond par un déluge d'émotion et surtout de morceaux de cinéma à couper le souffle. Formellement, «Cheval de guerre», est absolument exceptionnel et distille un plaisir constant, à condition d'aimer le cinéma pour le cinéma et de trouver que trop n'est jamais assez. Pour notre part, non seulement on marche, mais on galope derrière les aventures de Joey, dont toute l'histoire est racontée de son point de vue, ce qui nous vaut une succession de tours de force techniques et narratifs. Chapeau M. Spielberg, quelle mise en scène!

  • André Rivier
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