15 février 2011
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A 31 ans, le casier judiciaire de Tony Meilhon porte la trace de quatorze condamnations pénales de 1996 (vol aggravé et conduite sous l'empire d'un état alcoolique) à juin 2009 (outrage à magistrat en récidive). Entre les deux, il a passé beaucoup plus de temps en détention qu'en liberté et a comparu deux fois devant une cour d'assises : en 2005 (six ans d'emprisonnement pour vol avec arme) et 2001 (cinq ans de prison pour un viol sur un co-détenu en 1997, alors qu'il était encore mineur).
La volonté d'humilier et punir son codétenu
Dans un interrogatoire en 2003, cité par le rapport de l'Inspection pénitentiaire, Tony Meilhon explique qu'il "n'a toujours pas accepté cette condamnation". "Je suis un voleur, pas un violeur", déclare-t-il, en indiquant que l'acte qui lui est reproché - contraindre à une fellation - n'était pas motivé par une pulsion sexuelle, mais par une volonté d'humilier ou de punir son codétenu, lui-même violeur.
En 2006, la conseillère d'insertion et de probation qui le suit au centre de détention de Nantes note que Tony Meilhon "voit une psychiatre depuis février 2006" et observe "une évolution positive" de son comportement. "Il a un point d'ancrage positif en son petit garçon auquel il se montre authentiquement attaché".
"Une haine froide"
Mais cet espoir est déçu. Tony Meilhon, qui arrivait en fin de peine, ne regagne pas sa cellule après une permission de sortie en janvier 2007. Arrêté quatre mois plus tard, il retourne en prison. En 2008, la conseillère d'insertion et de probation note que Tony Meilhon a "beaucoup régressé". "Il porte une haine froide à l'égard de son ex-compagne, sa mère et son fils, sur lequel il est prêt à se venger", écrit-elle avant de quitter ses fonctions, dans une synthèse où elle souligne que Tony Meilhon a besoin "d'un suivi psychologique".
"Il avait fait des efforts"
Lorsque Tony Meilhon s'approche de sa sortie, prévue le 24 février 2010, le nouveau conseiller d'insertion qui le suit n'a pas l'impression qu'il présente un caractère de dangerosité. "Pour moi, il avait fait des efforts depuis que je le suivais", expliquera a posteriori le conseiller à la mission d'inspection, en janvier 2011. Le meurtrier présumé de Laëtitia travaille en prison et montre les justificatifs d'un suivi psychiatrique.
Dans son dossier, "il apparaissait des outrages et des violences à magistrat et à personne dépositaire de l'autorité publique, mais il n'avait pas de problèmes avec des jeunes femmes par exemple", observe le conseiller. "Il savait qu'il allait être suivi par les collègues du milieu ouvert" après sa libération, ajoute-t-il. Mais ce suivi n'aura pas lieu. Face à la surcharge de travail du service, son dossier ne sera pas jugé prioritaire et ne sera pas affecté à un conseiller.
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