Nantes. Des soixante-huitards encore actifs
Depuis trois ans et demi, une centaine de «cheveux blancs», pour la plupart ex-soixante- huitards, se relaient tous les jours, à Nantes, devant la mairie, le conseil général ou la permanence du Parti socialiste, pour protester contre le projet d'aéroport à Notre-Dame- des-Landes.
Ils s'appellent Dominique, Michel, Marcel, Yves ou Agnès, sont presque tous retraités et, depuis octobre2008, ils donnent une à deux journées par mois et affrontent alors, parfois héroïquement, le froid ou la pluie pour tenir leur «vigie citoyenne». Accompagnés d'un chariot sur lequel est écrit «Aéroport, un de plus, non!», une pancarte autour du cou, ils battent le pavé alors que la presque totalité d'entre eux n'a pas de terres à Notre-Dame-des-Landes, la commune où doit être construit le projet.
Aux passants qui s'arrêtent, ils expliquent: «Ce projet est inutile et coûteux. Nous voulons que l'argent public soit employé à des choses utiles», martèle Dominique, 65 ans, que sonmari, aujourd'hui décédé, emmena manifester contre la centrale nucléaire de Plogoff, dans les années 70.
Des «citoyens vigilants»
«Il y a plus de passagers mais pas plus de vols qui atterrissent à Nantes aujourd'hui qu'il y a dixans: l'aéroport n'est pas saturé et il n'est pas dangereux», ajoute Michel, 67 ans. «Mes enfants savent que je me bats toujours pour plein de choses, je me sens indigné», reconnaît-il. «Nous sommes aujourd'hui une centaine à être actifs. Et il y a toujours des "nouveaux"», se félicite Yves Riou, 70 ans, coordonnateur de la «Vigie citoyenne».
«Certains sont ou étaient socialistes, d'autres écologistes, alternatifs ou du Parti de gauche, syndicalistes, ou pas encartés. Tous se revendiquent "citoyens vigilants"», ajoute-t-il. Presque tous égrènent des parcours personnels qui recoupent quarante ans de l'histoire récente des combats politiques français : Algérie, Mai68, lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, contre les projets de centrales nucléaires au Pellerin (44), à Plogoff, au Carnet(44)...
«J'ai encore un bout de GFA (groupement foncier agricole) du Larzac», s'amuse Bertrand Pinot, 76 ans, élégant doyen à barbe blanche de la «tracto-vélo», des opposants à l'aéroport qui sont allés manifester à Paris en novembre2011. «Moi, j'ai un bout de GFA de Plogoff», déclare fièrement Agnès Belaud, 59 ans, ancienne enseignante, très active dans les associations anti-aéroport et qui, pour l'heure, essaie de se réchauffer par moins 5 degrés devant le conseil général de Loire-Atlantique.
Militants à vie
Pour le Larzac, Le Pellerin et Plogoff, une même issue: le candidat socialiste à la présidentielle, François Mitterrand, s'engagea à y mettre fin et tint parole après 1981. L'histoire, cependant, ne pourra pas forcément se répéter, même en cas d'élection du candidat socialiste à la présidentielle, en mai prochain.
Car, cette fois, le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, soutiennent le projet d'aéroport, déjà déclaré d'utilité publique, attribué par l'État au groupe Vinci fin 2010 et ses financements ont été votés par les collectivités locales concernées (Nantes, Rennes, conseils généraux et régionaux). Il en faut plus néanmoins pour entamer la ténacité de ces militants à vie: «Pour nous, ce n'est pas complètement bouclé, s'obstine Dominique. Je ne veux pas que mes enfants et mes petits-enfants payent pour un truc inutile».
13 réactions
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mathegu
Les crédits ,on les a largement payé!
Mais les crédits on les a payé avec des intérêts à 11% voir 17%.Ce qui demandait bien des sacrifices:pas de sorties, pas de voyages, pas de sorties en boite,pas de cigarettes....A qui ont profité tous ces intérêts ?Devinez!
Ajouté le 17 février 2012 à 23h04
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mathegu
CIND facile de critiquer!
As-tu bouzillé quelques années de ta jeunesse en Algérie?As-tu fait 5km par jour à bicyclette , par tous les temps,pour aller aux cours du soir après ta journée de travail en usine(les 2-8)Es-tu allé en déplacement 12 fois dans ta vie à travers toute la FRANCE,là où on te nomme?As-tu travaillant la semaine ,passer tes week-ends à monter les parpaings, à coller la laine de verre sur les murs, à peindre toutes les ouvertures de ta future maison et élever 3 enfants.Puis un jour ,veuve la vendre parce que tu ne peux plus l'entretenir?Ah oui on peut nous envier!Ces petits crétins qui nous envie sont bien contents de nous touver pour se porter caution pour eux et payer leur loyers lorsqu'il se retrouve au chômage et pour cela être à découvert et même faire un emprunt.Au lieu de s'en prendre à leurs grands-parents, qu'ils s'en prennent à ceux qui ont mal géré les cotisations et les impôts qu'on leur a versé toute notre vie!Qu'en ont-ils fait???
Ajouté le 17 février 2012 à 22h58
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berni
pff
Les jeunes aussi sont benevoles mais forcement ils bossent ( ils ne sont pas tous a attendre leur rsa ... ) donc n'ont pas autant de temps a donner qu'un retraité !!!
Ajouté le 13 février 2012 à 14h27
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berni
exact
Et oui la génération soixante-huitarde qui n'a pas trop connue le chomage, a eu de belles carrières et une retraite assez jeune et qui à present en profite et qui laisse aux generations futures un pays avec beaucoup de dettes !!!!
Ajouté le 13 février 2012 à 10h15
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biner
!!!!
mirh tu halicine!!!! sa te dit quelque chose les trentes glorieuse, aujourdh'ui c'est la precariter
Ajouté le 13 février 2012 à 10h54
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botul
c'est normal...
c'est toujours comme çà après une bonne bière ;-)))
Ajouté le 13 février 2012 à 13h53
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clnd
La vie est belle !
Les soixante-huitards : la génération qui a bien vécue à crédit et qui maintenant fait payer la facture aux jeunes actifs.
Ajouté le 13 février 2012 à 09h16
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gjosse
@cind
Bonjour,
Si il y a quelque chose à reprocher aux soixante-huitards c'est de ne pas avoir su expliquer à leurs enfants qui emplissent les salles de marchés que l'argent ne peut être facile...
Il est vrai que nous pensions qu'il était interdit d'interdire.
Pour le reste ils ont inventés, entre autres, le clavier qui vous permet d'écrire sans savoir. Bonne journée.
Ajouté le 13 février 2012 à 09h39
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fridu
@biner
mirh tu halicine!!!! sa te dit quelque chose les trentes glorieuse, aujourdh'ui c'est la precariter
C'est sûr .... ka vec 1 tel endicape .... on impose le respect ......
Ajouté le 13 février 2012 à 14h43
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fridu
@clnd
Plus justement,cela fait dix sept ans que l'État vit au dessus de NOS moyens, avec une mention spéciale pour les cinq dernières années ... et pour conclure associer "jeunes actifs" n'est-ce-pas antinomique ? ( c'est du second degré comme votre humour )
Ajouté le 13 février 2012 à 09h39
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mlrh...
Réponse à @Biner
Quand vous répondez, il faut vérifier votre orthographe, votre grammaire, ce qui faciliterai la rédaction d'un CV entre autres.
Ajouté le 13 février 2012 à 16h49
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mlrh...
oh, que c'est méchant.....
Les soixante-huitards,sont la génération qui a su se débrouiller et se prendre en charge, tandis que les jeunes actifs sont dans la plupart des cas des jeunes "profiteurs".... C'est la classe moyenne soixante-huitarde(qui a travaillée sans compter ses heures qui paye la Facture.
Ajouté le 13 février 2012 à 10h17
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jcth...
Et si
Oui et s'il n'y avait pas ces soixante-huitards qui sont maintenant presque tous à la retraite et bien vous verriez beaucoup d'associations disparaîtrent car ce n'est pas les bénévoles plus jeunes qui participent sans compter leur temps, alors venez les rejoindre au lieu de leur tirer dans le dos.
Ajouté le 13 février 2012 à 11h45
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