17 mars 2010
«On a le sentiment que tout le monde baignait dans une atmosphère de sexe!». La réflexion du président de la cour d'assises, Philippe Roux, en dit long sur l'affaire évoquée. Le gendarme qui a piloté l'enquête raconte: «La fillette, au départ, ne disait rien, conditionnée par ses parents qui lui ont dit: ?Surtout, tu ne parles pas de sexe, sinon on va en prison ?». Il ajoute : «Dès qu'elle s'est mise à raconter, on a compris qu'on était dans quelque chose de sordide». Il explique le rôle déterminant de l'infirmière scolaire. C'est après avoir reçu l'enfant en consultation, le 21mai 2008, qu'un signalement est adressé au parquet de Lorient. On pense à des maltraitances sur la fillette...
Quatre relations
«Le deuxièmechoc de l'enquête, c'est quand on s'est rendu à l'appartement», poursuit le gendarme. La famille est arrivée à Belle-Ile quelques semaines plus tôt et est hébergée chez un couple d'amis, installés sur l'île depuis janvier. Tout le monde s'entasse dans l'unique pièce du logement de Sauzon. Y vivent donc les quatre adultes, la fillette et ses deux frères. Dans les placards de cuisine, on trouve revues, mangas, BD, vidéos... pornographiques. «La première relation a eu lieu dans l'appartement, ses parents regardaient la télé à côté...», explique le prévenu. Il reconnaît quatre «relations complètes» avec elle. L'homme s'exprime doucement. Il confirme qu'il n'entretenait pas avec elle «de liaison amoureuse», mais admet «une complicité».
Violé dans son enfance
Tant l'enfance que la vie de couple du prévenu ont été des plus tourmentées. Le psychiatre évoque un homme qui s'est construit autour «de séquelles affectives infantiles, de sévices sexuels et du comportement de sa compagne auquel il se soumet». Pour autant, il ne relève pas chez lui de «maladie psychiatrique» ou encore de «débilité franche». Il conclut «qu'il avait conscience de commettre un acte interdit». Il est aussi dit qu'enfant unique, il ne s'est jamais remis du décès de sa mère. Au divorce de ses parents, en 1983, il est placé en nourrice. L'un des fils de cette dernière abuse de lui. L'enfant est alors mis en foyer et les faits se répètent avec «deux grands». Il a 18 ans quand il rencontre sa compagne, sa cadette de deux ans. Pendant sa détention (jeune majeur, il a été condamné pour agression sexuelle, en 1998, sur deux garçonnets), elle multiplie les adultères. Un enfant naît d'une de ces relations. À sa sortie de prison, le couple se retrouve. Les infidélités continuent et un autre enfant vient au monde. Le prévenu dit toujours aimer sa compagne qui vit avec un autre homme à présent.
Les parents «ne savaient pas»
Ce sont ces infidélités qui seraient à l'origine de leur venue à Belle-Ile. «Je pensais que sur une île, elle aurait moins de relations avec les hommes...», confie-t-il. Les deux enfants de sa compagne restent en Seine-Maritime, où ils font l'objet d'un placement en raison «de leur comportement très sexualisé». Ici, il trouve un travail. Adepte de relations échangistes, le couple avait rencontré, par le biais d'un de ces sites, les parents de la victime. Le père du prévenu admet son éducation «sévère» et n'avoir jamais entretenu avec lui des «relations père-fils». Le père de la jeune victime témoigne à son tour. Il déclare «avoir tout appris à l'hôpital, quand on est allé faire un test». Son épouse assure, aussi, «ne pas avoir su». Comme son mari, elle affirme n'avoir jamais averti sa fille qu'un enfant ne devait pas avoir de relations avec un adulte...

26 mai 2012
18 mai 2012 Ã 16h59
12 mai 2012 à 18h35 - 3 réaction(s)