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Morbihan

Viol. Six ans de prison à l'ancien copain de galère

20 novembre 2008

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La cour d'assises du Morbihan a condamné, hier, Jean-Marc Le Bail à six années d'emprisonnement pour viol. En avril 2007, le Lorientais, alors âgé de 39 ans, avait abusé d'une jeune femme, ancienne sans domicile fixe comme lui.Cela devait être une rencontre amicale entre anciens compagnons d'infortune. Elle était ravie d'avoir cessé toute consommation d'alcool. Il était heureux d'avoir un toit depuis une semaine. Le 8 avril 2007, les deux anciens sans domicile fixe (SDF), qui s'étaient perdus de vue depuis six mois, se croisent par hasard à proximité du centre commercial l'Orientis, à Lorient.

« Une version édulcorée »

« Elle avait confiance en lui. Malgré les difficultés, il existe aussi une solidarité entre SDF. D'ailleurs, il n'avait pas hésité à la protéger à plusieurs reprises », rappelle Christelle Guillou-Perrier, l'avocate de la jeune femme. Mais en dehors de la rue, l'alcool n'est plus « l'anesthésiant permettant de supporter la misère, l'inconfort, la saleté ». Au fil de la soirée et des bouteilles d'alcool ingurgitées, le copain de galère devient menaçant. Il impose à son invitée venue visiter son studio une relation sexuelle. « Elle n'exagère pas ses propos. Sa version est confirmée par la perquisition, l'examen médical et les témoignages des personnes présentes dans l'appartement, souligne l'avocat général Stéphane Cantero. De son côté, l'accusé reconnaît les faits a minima. Il nie la violence et livre une version édulcorée ». Selon le représentant du ministère public, cette violence a accompagné le parcours de Jean-Marc Le Bail. « Enfant, il frappait ses éducateurs. Puis il s'en est pris à son père et à sa soeur, avant de plonger dans le monde de la rue où la violence est permanente », résume l'avocat général, avant de requérir huit années de réclusion criminelle.

« A-t-il compris le refus ? »

L'accusé ne nie pas la relation forcée. Même s'il affirme que les détails de ce dérapage se sont évanouis dans les brumes de l'alcool. « Son état de conscience lui a-t-il permis de comprendre le refus de la jeune femme ?», interroge son avocat, M e Alberto Hernandez Llarena. D'autant que la victime ne s'était pas enfuie immédiatement après les faits.

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