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Vannes. Un détenu jugé pour des violences en prison

17 juin 2009

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Un détenu de la maison d'arrêt de Vannes est soupçonné d'avoir roué de coups une autre personne incarcérée. Cette affaire, évoquée hier au tribunal de Vannes, remonte au vendredi 17avril.

Ce jour-là, vers 16h, l'auteur présumé des violences croise la victime dans un couloir de l'établissement pénitentiaire de Vannes. «Il m'a sauté dessus en me prenant par surprise, dans le dos. J'ai reçu des coups de pied et des coups de poing», a déclaré ce détenu qui a bénéficié depuis d'un placement en chantier extérieur. C'est l'intervention d'un surveillant pénitentiaire qui a fait cesser les violences.

Plainte pour agression sexuelle en prison

Bilan pour la victime: des dents cassées et dix jours d'interruption temporaire de travail. Hier, au tribunal, le détenu poursuivi pour ces violences n'a pas contesté la réalité des coups portés. Mais il a justifié son comportement en faisant allusion à un épisode qui se serait produit plusieurs mois auparavant, alors que les deux protagonistes occupaient la même cellule. «Cet homme m'a agressé sexuellement après avoir versé des somnifères dans mon verre d'eau», a déclaré le prévenu dans son box. Ce dernier a porté plainte, mais le parquet a classé l'affaire sans suite, estimant les preuves insuffisantes pour engager des poursuites. Le prévenu en voulait aussi à la victime car celui-ci l'aurait désigné comme l'auteur de dégradations commises sur le plafond d'une cellule.

Le directeur de la maison d'arrêt agressé

«Il n'y a pas de justice dans ce pays. J'ai déposé plainte et personne n'a pas pris en compte ce que j'ai dit. Ces violences, ce n'est rien au regard de ce qu'il m'a fait subir», a affirmé le prévenu. De l'autre côté de la barre, la victime a nié avoir agressé sexuellement son vis-à-vis. «Ce qu'il dit ne rime à rien», a-t-il déclaré. Il reste que l'avocate de la défense a dit son intention de contester le classement sans suite de cette plainte. «C'est ce sentiment d'injustice qui l'a fait passer à l'acte, souligne-t-elle. Et c'est cette même appréciation des faits qui l'a poussé à frapper le directeur de la maison d'arrêt, le 2juin dernier».

Le parquet demande un an ferme

Le procureur note que les violences en milieu carcéral existent partout en France, mais ne sont pas courantes à la maison d'arrêt de Vannes. «Les coups portés constituent une infraction grave. La justice se doit de protéger les détenus qui pourraient être victimes d'agression. Je requiers un an d'emprisonnement ferme». Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 23juin.

  • Jean-François Colleter
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