11 mars 2010
Auteur d'une agression sexuelle sur une femme âgée de 82 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer, en 2008 à Vannes, un homme âgé de50 ans a été condamné, hier, à un an de prison avec sursis. C'est l'aboutissement de dixans de déchéance pour cet ancien chirurgien-dentiste morbihannais. Au début des années 2000, aux problèmes psychologiques viennent s'ajouter des problèmes d'alcool. «Un alcool festif au début», précise l'intéressé. Puis un alcool du week-end, systématique, qui va se traduire par des condamnations répétées pour des conduites en état d'alcoolémie, dont la dernière sera une peine de prison ferme. Entre-temps, le praticien a perdu femme et enfant, vendu maison et cabinet. L'alcool prend le pas sur tout. «Je ne sais pas combien de fois j'ai été ramassé pour ivresse sur la voie publique», explique le prévenu. Et puis le 20janvier 2008, il commet l'acte qui lui valait hier sa comparution devant le tribunal correctionnel de Vannes. Une femme de 82 ans, rencontrée un mois et demi plus tôt, engage la conversation avec lui à la grille de sa maison. Victime d'Alzheimer, l'octogénaire n'a plus toute sa tête.
«Je buvais tous les jours»
Malgré cela, le prévenu se retrouvera le soir nu, dans son lit, où il lui pratiquera des attouchements sexuels. «Je buvais tous les jours, je n'étais plus dans mon état normal». Quand les policiers l'ont interpellé, deux jours plus tard, il avait plus de 2g d'alcool par litre de sang. L'expertise psychiatrique effectuée peu après, avait conclu que l'agresseur n'était pas accessible à une sanction pénale au moment des faits. Dans cette affaire, le parquet, insistant sur «la vulnérabilité de la victime», avait requis un an de prison, dont deux mois avec sursis. Pour sa défense, l'avocat du prévenu avait argumenté sur le fait que la prison n'était pas la solution «puisque les faits se sont déroulés peu de temps après sa sortie de prison». Depuis, a-t-il ajouté, la donne a changé, grâce à l'aide de son ancienne femme, le prévenu ne boit plus.