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Morbihan

Urbanisme. L'espace vert est aussi espace social

9 septembre 2009

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L'espace vert n'est pas seulement un espace naturel. Il a une vocation sociale essentielle dans nos villes. Le Suédois Alexander Stahle a présenté, hier, ses travaux aux urbanistes bretons réunis à Ploemeur.



N'y a t'il pas de paradoxe entre la densification recherchée de nos villes et la volonté de les ouvrir sur la nature? C'est là tout l'intérêt du travail de l'urbaniste. Contrairement à ce que l'on peut penser habituellement, la création d'un parc ou d'un espace vert permet de densifier la ville. Le parc public favorise l'acceptation d'une densité plus forte par les riverains car celle-ci permet l'implantation de nouveaux services, de magasins et d'activités.

Lorsque l'on parle d'espace naturel, on pense biotope. Vous y ajoutez un nouveau mot: le sociotope. Qu'entendez-vous par là?
C'est très simple: la place de l'homme dans son espace. Le sociotope est un lieu tel qu'il est utilisé par les gens. Prenons l'exemple de la plage. Il s'agit d'un biotope où vit une faune et une flore particulières. Mais c'est aussi un sociotope où l'homme profite du soleil, se baigne... Ce que l'urbaniste doit comprendre, c'est ce que font les gens dans leur espace et ce qu'ils en pensent. Chaque quartier a donc besoin d'avoir un parc, un espace de jeux, un espace de rencontres ou de tranquillité. Avant de construire un quartier, il faut y réfléchir.

En Bretagne, on favorise l'urbanisation en lotissements avec une multitude de maisons avec jardin. Ce n'est pas ce que l'on appelledensifier...
On peut très bien densifier l'urbanisation en choisissant ce type de ville-jardin. Mais il est essentiel d'y concevoir des espaces publics communs à tous et des liaisons naturelles entre les différents groupes de construction.

Dans le Pays de Lorient, la rade et les rivières font souvent fonction de frontières. Comment éviter cet écueil?
L'urbaniste doit essayer d'assurer la continuité du maillage des rues entre les deux rives d'une rivière. L'eau a un très fort pouvoir d'attraction. Un pont, une passerelle, ça attire du monde. À Stockholm, nous n'avons pas trop de ponts, mais les bords de l'eau deviennent des zones de loisirs dès lors que les rues y conduisent le promeneur. L'eau permet d'agrandir nos parcs, notamment en hiver lorsqu'elle gèle et que l'on peut y marcher.

  • Propos recueillis par Yves Guégan

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