15 septembre 2009
Il était revenu de l'Aude avec 2kg de résine de cannabis, 100g de cocaïne et dix cachets d'ecstasy cachés dans sa voiture, prêts à la revente. Récidiviste, ce Morbihannais de 25ans a été condamné, hier, à quinzemois de prison ferme.
Pour dire tout ce qu'il avait «sur le coeur», Wilfried Matignon avait préparé une lettre, qu'il a lue devant le tribunal correctionnel de Vannes, présidé par ÉricMaréchal. Ce père de famille de 25ans y demandait une «seconde chance à la justice française», lui qui entendait «montrer l'exemple» à ses quatre enfants, dont l'aîné vient de faire sa rentrée en CP. Cela n'a pas suffi. Il a écopé, hier après-midi, de quatre années d'emprisonnement, dont 33 mois assortis d'un sursis mise à l'épreuve troisans durant. Soit quinze mois à passer derrière les barreaux.
L'ecstasy en guise de «cadeaux»...
Le natif de Ploemeur était jugé selon la procédure de comparution immédiate après avoir été interpellé, jeudi matin, à proximité de son domicile de Pleucadeuc, avec tout un stock de produits stupéfiants dissimulé dans son Opel Zafira. Soit 2kg de résine de cannabis, 100g de cocaïne et dix cachets d'ecstasy. Il se trouvait en état de récidive légale, après une précédente condamnation, par cette même juridiction, remontant au mois de février de l'année dernière. Sa marchandise, le prévenu l'avait glanée à Carcassonne. Il s'était rendu dans la cité de l'Aude pour, selon ses dires, récupérer la fameuse Opel. WilfriedMatignon l'avait prêtée, «à contrecoeur, au mari d'une membre» de sa famille, en échange de réparations sur ladite voiture. «Là-bas, j'ai rencontré des gens. J'ai hésité, puis j'ai sauté sur l'occasion». Une «occasion» à 620EUR la plaquette de shit de 200g à la revente, à titre d'exemple. Quant à l'ecstasy, c'était «cadeau» pour les éventuels intéressés... Le prévenu est remonté du Sud «escorté» par un autre véhicule. Il refusera de donner les noms de ses complices aux enquêteurs. Et n'en dit pas plus à la barre, tout en sachant bien que ce «sera retenu» contre lui.
La «belle histoire» ne convainc personne
En défense, Me Muriel Perrigot insiste sur l'enfance et la vie «difficiles», voire «chaotiques», de son client: père parti en Guadeloupe, mère incarcérée alors qu'il n'a que 11 ans, deux familles d'accueil différentes jusqu'à sa majorité, dettes accumulées... La «belle histoire» n'a pas convaincu le procureur de la République, Thierry Lebéhot. Pas plus que le tribunal. Dans la salle d'audience, la compagne, depuis huit ans maintenant, de Wilfried Matignon sanglote. Elle fondra en larmes après l'énoncé du jugement. .
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