26 septembre 2009
La cour d'assises du Morbihan a condamné, hier, AndréSiapo, 32ans, à dix années de réclusion criminelle pour tentative de meurtre. Le 22janvier 2008 à Lorient, il avait frappé en plein coeur un copain avec un couteau de cuisine.
«Je sais tuer; l'armée me l'a appris. Mais je ne voulais pas tuer Manu», déclare André Siapo, 32 ans, au terme des débats. Mais ses rares paroles n'ont pas convaincu. La cour d'assises a reconnu l'intention d'homicide, au terme d'un procès singulier.
Ni rancune, ni exigence
«Les faits sont simples, rappelle l'avocat général Philippe Coindeau. Quatre copains, qui régulièrement se retrouvent pour boire. À un moment André Siapo récupère un couteau puis, sans raison apparente, l'enfonce jusqu'à la garde dans la poitrine de la victime.» Pourtant, les débats ont tourné court. L'accusé a refusé de s'expliquer sur les raisons de son geste et de s'attarder sur son passé marqué par une enfance difficile en Nouvelle-Calédonie. Et la victime n'a exprimé ni rancune, ni exigence. Alors comment comprendre ce théâtre d'ombres et les silences?
«Après les faits, il s'est rassis tranquillement»
«Sans la violence, André Siapo est comme sa victime. C'est un homme que l'on ne voit pas. Il n'est plus personne», affirme l'avocat général. Pour ce dernier, la volonté de tuer ne fait aucun doute. «Toute sa vie, le combat a été un moyen d'expression, sinon son unique moyen d'expression. Donc, quand il décide de planter un couteau dans le coeur, la volonté est très claire.» Et selon l'accusation, l'alcool (2g d'alcoolémie, relevée peu après l'interpellation) n'a pas altéré son discernement. «Il consomme de l'alcool depuis l'âge de 10 ans. Il boit non pas pour oublier mais pour garder sa dose d'agressivité. Après les faits, il s'est rassis tranquillement. Ce n'est pas l'attitude de quelqu'un sous l'empire de la folie», observe l'avocat général qui a requis 12 années de réclusion criminelle.
Un homme de main en prison
De son côté, l'avocat de la défense s'interroge sur la responsabilité d'André Siapo. «Selon l'expert psychiatre, son destin était forgé», indique Pierre Guillon, tout en revenant sur une éducation forgée à coups de nerf de boeuf et de lapidations! «Il n'est pas capable d'exprimer la souffrance intérieure qui le ronge.» Sinon avec les poings! «En prison, il est devenu un homme de main. Il se complaît dans ce cadre-là .» Une prison qu'il va retrouver pour une durée de dix ans.
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