19 janvier 2009
Hennebont, théâtre de la résistance organisée autour de la SBFM. Hier matin, ils étaient encore plusieurs milliers à défiler pour apporter leur soutien aux salariés de la fonderie dont l'avenir se joue demain, à Lyon.J-1. C'est demain que le tribunal de commerce de Lyon doit donner son avis sur le plan de continuation de la fonderie caudanaise. En clair, c'est demain que se joue l'avenir de la Société bretonne de fonderie et mécanique (SBFM), placée en redressement judiciaire.
Avant que le verdict ne tombe, hier matin, à Hennebont, ils étaient près de 3.000 à défiler dans les rues du centre-ville. Un mois après un premier rassemblement ici même, la mobilisation n'a pas faibli.
Plus vibrant que jamais, Pierre Le Ménahès, délégué CGT et leader du mouvement, a exhorté les salariés à ne pas baisser les bras. « C'est de nos vies dont il s'agit. On ne laissera pas brader nos emplois ».
Renault ne bouge pas
À la veille d'un rendez-vous vital pour l'entreprise et ses 550 salariés, personne n'ose faire de pronostic, de peur de jouer les oiseaux de mauvais augure.
Une reprise de la fonderie par Renault ? Ils y ont cru. Depuis leur visite, en début de mois, à Boulogne-Billancourt, siège du constructeur, ils ont déchanté. « Nous avons été reçus par un second couteau qui semblait découvrir le dossier ». Renault qui licencie et délocalise ne semble pas enclin à tendre la main à son fournisseur breton.
Une rumeur parlait d'une piste espagnole. Pierre Le Ménahès la balaye d'un revers de la main. « Quand on connaît le passif de la SBFM (40 M), il faut un actionnaire sérieux pour apporter des moyens adéquats. Sinon, cela voudrait dire que ce serait un plan de continuation fantoche ».
Licenciements
annoncés
Au mieux, les salariés le savent, si repreneur il y a, un plan social sera inévitable. Alors combien sur le carreau, 200, 250 ? « de toute façon, dans le meilleur des cas, les nouvelles ne seront pas bonnes. Des licenciements seront à l'ordre du jour, ce sera un passage obligé ».
Reste le pire scénario : la liquidation judiciaire. Le leader cégétiste l'avoue : « J'ai des craintes quant à la décision qui sera prise ». Et ce ne sont pas les derniers mouvements au sein de la direction de l'entreprise qui vont le rassurer. « Le DRH et le directeur de production viennent d'être limogés. On nous avait annoncé leur venue comme autant de nouvelles perspectives pour la SBFM. En revanche, Luc Brami, spécialiste des restructurations, qui a notamment sévi à ST Microelectronics, à Rennes, vient d'être embauché ». Un signe ?
Sur la zone de Kerpont, à Caudan, ces prochaines 24 heures promettent d'être longues.
Demain, les salariés mais aussi la population ont rendez-vous sur le site de la SBFM, à partir de 11 h.
21 mai 2012 à 18h30
21 mai 2012 à 10h27