8 avril 2009
Après le coup de force de lundi soir, le campus de Rennes 2 a retrouvé un calme qu'il n'avait pas connu depuis plus de deux mois. Certes, les bloqueurs ont tenté d'empêcher la tenue des cours. Mais ils n'étaient qu'une petite centaine, un nombre insuffisant pour pouvoir perturber sérieusement le fonctionnement de l'université. Les piquets de grève ont interdit l'accès à quelques salles, ce qui n'a pas empêché de dispenser la plupart des cours en plein air ou dans d'autres locaux que ceux prévus. Voilà qui peut laisser penser que la phase dure de la contestation est à bout de souffle. Elle pourrait toutefois connaître un nouveau soubresaut aujourd'hui, avec la manifestation intersyndicale personnels-étudiants. Cette journée d'action est prévue au calendrier de la mobilisation, mais n'a guère fait l'objet d'appel à la participation. Elle sera un test sur l'état d'un mouvement qui semble s'effilocher.
La direction se félicite de la reprise des cours
De son côté, la direction de l'université se félicite que les cours aient pu reprendre, «conformément à la volonté des personnels et d'une très large majorité d'étudiants», et ce, «même si un groupe minoritaire a tenté d'en empêcher le déroulement normal», écrit-elle dans un communiqué. Elle remarque que ce groupe est également responsable de «l'agression contre le bâtiment de la présidence», qui s'est traduite lundi soir par la retenue de 70 personnes dans les bureaux, des dégradations, la séquestration du vice-président Jean-Emile Gombert, et des bousculades au cours desquelles deux membres du personnel ont été blessés. Cette opération avait d'ailleurs conduit le président à demander au préfet d'envisager l'intervention des forces de l'ordre. Des escadrons de gendarmes mobiles de la caserne vendéenne de Luçon étaient à un quart d'heure de Rennes lorsque les bloqueurs ont quitté les locaux de la présidence. Le campus est passé à deux doigts de l'affrontement...
«L'image de l'université»
Dans un communiqué commun, Jean-Yves Le Drian, président de la Région, Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d'Ille-et-Vilaine et Daniel Delaveau, maire de Rennes, expriment leur soutien au président de l'université et lance un «appel solennel à la reprise des cours». «Ce qui se joue, c'est l'image, voire l'existence même d'une grande université», ajoutent-ils.
