19 septembre 2009
Le préfet s'est voulu rassurant, jeudi, en présentant le rapport 2008 sur la qualité de l'eau dans le Morbihan. Mais les chiffres et les analyses sont têtus: la situation est médiocre et ne va pas en s'arrangeant.
«La situation est relativement stable, avec des améliorations relatives et des petites dégradations, mais qui n'ont rien de catastrophiques». Dans la bouche du préfet François Philisot, le propos se veut positif. Il contraste avec des analyses qui, sur le terrain, n'ont rien de reluisant.
Nitrates: des points noirs
Partout dans le Morbihan, l'eau du robinet présente un taux de nitrates inférieur à 50mg/l. La situation va même en s'améliorant, affirme le rapport, si ce n'est à Béganne où ce taux plafonne encore à 41mg/l. Il n'en va pas de même concernant les eaux superficielles et souterraines. Trois zones de captages ont ainsi dû être fermées l'an dernier. Concernant les eaux de surface, 2008 voit au mieux la situation se stabiliser après deuxannées de dégradation. C'est sur l'Ével, un affluent du Blavet, ainsi que sur l'Oust, que la situation est la plus préoccupante. Il y a, en revanche, du mieux sur le Scorff, LeDrayac et le Noyalo.
Les pratiques agricol
es sont clairement en cause dans ces excès de nitrates. 37% des exploitations contrôlées en 2008 ont montré des usages ou des installations non conformes. «C'est encore beaucoup trop, même si cela s'améliore», observe le préfet.
Pesticides: en augmentation
Glyphosat
e, Ampa, Isoproturon... Derrière ces noms barbares se cachent des produits phytosanitaires que l'on a retrouvés en trop grande quantité dans différents cours d'eau du département. Ici, c'est la pratique irréfléchie des «jardiniers du dimanche» qui est pointée du doigt.
Eaux de baignades: le grand plongeon
En 2007, 80% des eaux de baignade étaient de «bonne qualité». La donne change en 2008, où moins de la moitié des plages du département rentrent dans cette catégorie. Sur huitsites, l'eau est même de qualité insuffisante pour y faire trempette. Ils seraient cinq de plus si l'on retenait la réglementation qui sera applicable en 2012.
Coquillage: vigilance
En ce qui concerne la pêche à pied, seuls trois sites de pêche restent en zone A: Carnac (Churchill), Saint-Philibert (Carrec-Couh) et Plouhinec (LeMagouero). La qualité microbiologique des coquillages se détériore depuis une douzaine d'années observe le rapport. Les zones de production n'échappent pas à cette tendance. Seules 11% des huîtres et des moules d'élevage présentent une microbiologie de «bonne qualité», contre 88% en 2001. Dans la rivière de Crach, elle est même qualifiée de «médiocre».
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