9 février 2012
Le 26janvier, vers 20h, les pompiers de Lorient étaient intervenus à la maison d'arrêt de Ploemeur pour secourir un détenu, asphyxié par l'incendie qu'il avait lui-même allumé en cellule d'isolement, en mettant le feu à un matelas placé contre la porte (LeTélégramme du 27janvier). Le sinistre n'avait pas eu le temps de se propager, se contentant de noircir la pièce de 9m². Ce sont deux autres détenus, qui se trouvaient dans des cellules voisines, qui avaient donné l'alerte en tambourinant à leurs portes. Jugé hier, à Lorient, l'incendiaire, qui avait été hospitalisé quelques jours, s'est expliqué sur son geste. Selon ce jeune homme âgé de22ans, en détention provisoire à Ploemeur depuis sept mois dans le cadre d'un dossier de violence conjugale, il s'agissait surtout d'attirer l'attention sur son cas. Transféré de Brest, il souhaitait se rapprocher de sa mère, surAngoulême (Charente).
500EUR de dommages et intérêts
«Cela fait deux mois que je demande ce rapprochement familial. J'ai écrit lettre sur lettre à la prison et au juge. Je n'avais jamais mis les pieds dans le Morbihan, je ne connais personne. Mais sur le coup, je n'ai pas pensé aux autres détenus». Et c'est bien ce que lui reproche le procureur-adjoint, ChristineLeCrom. «Les conséquences auraient pu être dramatiques». Pour Me Guillon, il s'agissait d'un acte désespéré. «Sept mois à Ploemeur, loin de tout. Cela ne l'excuse, certes, pas. Il aurait pu mourir lui-même». Au final, le détenu a été condamné à quatre mois de prison, avec mandat de dépôt. Il devra, en outre, s'acquitter de la somme de500 EUR à verser à la prison pour les dommages et intérêts.