10 juin 2009
La navigatrice Catherine Chabaud organise demain, à Lorient, un colloque sur le thème du développement durable dans le nautisme. Ce rendez-vous s'inscrit dans le cadre de la mission qui lui a été confiée par le ministre de l'Écologie pour le Grenelle de la mer.
Quel est l'objectif de ce colloque sur le développement durable dans la filière nautique?
Ce rendez-vous s'adresse aux professionnels, des architectes aux responsables des ports, en passant par les chantiers navals et les équipementiers, sans oublier les pratiquants. Cette journée se décline autour du cycle de vie du bateau, de l'écoconception aux usages portuaires.
Le nautisme n'est-il pas considéré, à tort, comme une pratique respectueuse de l'environnement?
Le nautisme ne se réduit pas à la voile. Et la voile n'est pas neutre pour l'environnement. Certains matériaux utilisés dans la réalisation des coques, notamment la fibre de verre, sont très énergivores. Il y a aussi le problème des bateaux en fin de vie. Sans oublier les gestes des plaisanciers lors des escales. Ce colloque permettra d'établir un bilan des bonnes pratiques et de voir si l'on peut faire mieux.
Au-delà des discours d'intention, existe-t-il des projets innovants?
L'université de Bretagne sud travaille sur les biomatériaux. Je planche aussi avec l'UBS sur deux projets: un outil informatique pour l'écoconception des bateaux et la réalisation d'un bateau écolo. Dans le domaine de la course au large, l'énergie renouvelable est une réalité pour nombre de skippers. Et il existe des solutions portuaires alternatives. D'ailleurs, nous dévoilerons, à l'issue du colloque, les lauréats de l'appel à projets des ports de plaisance exemplaires.
Le développement des ports de plaisance ne contribue-t-il pas au bétonnage du littoral?
C'est l'un des paradoxes du nautisme avec ces ports qui sont de simples parkings à bateaux. Cette pression des plaisanciers existe mais elle n'est pas plus forte que la pression démographique sur le littoral. Chaque acteur doit travailler sur des solutions pour demain. Et tout particulièrement à partir de l'existant dans le domaine portuaire. Il faut réaménager les ports et dégager de nouvelles places. Mais aussi envisager d'autres offres avec le développement des ports à sec. Le développement durable permet également de faire travailler l'imagination des hommes! Pratique Colloque sur les enjeux du développement durable dans la filière nautique demain, à la cité de la voile Éric-Tabarly, à Lorient, de 8h30 à 17h30.
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