17 juin 2008
Un diagnostic grave, un itinéraire de soins à définir, un choix d'hôpital à effectuer... Pour aider les familles dans ces moments difficiles, dix-huit mutuelles bretonnes viennent de mettre en place un dispositif d'assistance et d'orientation.
Mise en place depuis le début du mois de mai, la plate-forme d'information et d'orientation « Priorité Santé Mutualiste » reçoit des appels téléphoniques émanant à 70 % de malades du cancer et de leurs proches. « Quand la maladie frappe, la plupart des personnes sont désorientées », résume Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité Française. « Nous voulons faire en sorte de ne pas ajouter à leurs tracas en balisant le parcours qui les attend, mais aussi en les accompagnant par des dispositifs de soutiens psychologique et moral et par des prestations à domicile ».
« Quand on joue
sa vie... »
Est-ce à dire que les patients sont aujourd'hui abandonnés à eux-mêmes ? « Non, mais l'orientation est de plus en plus compliquée et le système actuel n'est pas toujours le mieux équipé pour y faire face », répond le Dr Jean-Martin Cohen-Solal, directeur général adjoint de la Mutualité. « Le cancer, c'est quarante maladies différentes, des connaissances évoluant très vite, de nouveaux traitements mis au point chaque année. Un médecin généraliste est en moyenne confronté à trois cas de nouveau cancer par an et ne peut évidemment pas disposer de toutes les informations ».
Des informations pointues, actualisées en permanence, auxquelles la plate-forme est exclusivement dédiée. « Quand on joue sa vie, on veut pouvoir être guidé vers les services les mieux adaptés à son cas », poursuit le Dr Cohen-Solal. « On sait qu'il y a des services où il ne faut pas aller, et on sait lesquels. La mission de la plate-forme est de dire aux malades quels sont les services qui, dans leur région, sont aux normes et sont considérés par les autorités sanitaires comme faisant correctement leur travail dans le domaine précis de la pathologie à traiter ».
Les médecins réservés
Pour autant, la Mutualité se défend d'empiéter sur les prérogatives des médecins. « Leurs patients sont nos adhérents, et nos objectifs sont liés », précise Jean-Pierre Davant. La plate-forme est d'ailleurs également au service des médecins, qui peuvent l'appeler pour obtenir les renseignements complémentaires dont ils peuvent avoir besoin.
Cela n'empêche pas les médecins de se montrer réservés sur l'initiative mutualiste. « En Bretagne, certains sont hostiles, la plupart sont dubitatifs, et les autres attendent de voir », commente Alain Even, président régional de la Mutualité Française. « Ici, nous avons des relations loyales avec l'Union régionale des médecins libéraux. Nous nous parlons régulièrement, et nous savons mener des projets en commun. C'est sans doute la raison pour laquelle la Bretagne a été retenue pour roder la plate-forme avant de l'étendre à la France ». Il y a une autre raison : la forte mutualisation des Bretons (1,1 million d'ayants droit de la MF), et le fort engagement des mutuelles dans le dispositif (18 et bientôt 22 sur les 30 majeures).
