12 octobre 2011
Deux parcs marins ont vu le jour sur le littoral métropolitain et de l'outre-mer, celui d'Iroise, dans le Finistère et celui de Mayotte. Deux projets sont en phase de bouclage: pour l'estuaire picard ainsi que celui de la Gironde et des Perthuis. Pour celui de la Côte de Vermeil (Méditerranée), la création sera bientôt effective. Et l'Agence des aires marines, qui pilote tous ces dossiers, espère le lancement de l'enquête publique l'an prochain pour le golfe normand-breton (de Cherbourg à Saint-Brieuc), en attendant Arcachon. En fait, d'ici à 2012, dix parcs marins devront être créés sur11millions de km² en métropole, en Polynésie et aux Antilles. Beaucoup espéraient la création d'un parc, comme annoncé, sur le Mor Braz, entre la presqu'île de Guérande et la presqu'île de Quiberon, un secteur englobant les îles d'Houat et d'Hoëdic. Le dossier est au ministère de l'Écologie et du développement durable depuis un an. «Mais il n'avance pas pour des considérations budgétaires», indique Olivier Laroussinie, directeur de l'Agence des aires marines, qui ne cache pas sa déception.
«Dégradation des eaux»
France nature environnement avec l'association Sémaphore de Saint-Gildas-de-Rhuys, fondée par André Dorso, veulent réactiver le projet. C'était l'objet d'une réunion-débat organisée, hier, à Sarzeau, qui réunissait une quinzaine d'associations. Objectif: refaire le point sur «cet outil novateur» et voir «comment mobiliser». Thierry Cantérini, directeur du Parc d'Iroise, et Denez Lhostis, représentant de la Fédération nature environnement à l'Agence des aires marines, ont présenté les enjeux, ce qui nécessite au moins trois ans d'études. «La création de ce parc est nécessaire. Nous avons, dans le Mor Braz une forte progression du développement de la plaisance au détriment de la pêche côtière. Et on constate une dégradation de la qualité des eaux, qui touche, notamment, l'estuaire de la Vilaine», indiquent André Dorso et Denez Lhostis.
La confusion avec le parc naturel régional
Ce parc marin permettra, soulignent-ils, «de mettre en commun une stratégie en aidant l'ensemble des acteurs à concerter». «Il rappellera aussi à l'État ses obligations sur la mer», poursuivent-ils. Ainsi, sur le territoire d'un parc, aucun projet relevant de la législation sur les installations classées ne peut se faire sans l'accord du conseil de gestion. «Dans le Finistère, on a arrêté une porcherie», précise Denez Lhostis. «Ici, on peut le faire pour les boues», ajoute André Dorso. Les élus seront également sollicités. Mais jusqu'à présent, le débat a surtout été dominé par le projet de Parc naturel régional du golfe, «qui a apporté de la confusion», indique Dominique Lefebvre-Raude, de l'association Sémaphore.