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Monde celtique. Lorient s'ouvre aux diasporas

17 août 2010 - 2 réactions

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L'ouverture au monde a toujours caractérisé le Festival interceltique de Lorient (Fil). Après avoir fêté avec succès son quarantième anniversaire, la manifestation s'apprête à affirmer encore plus fortement cette volonté dans son édition 2011.

>> Retour sur le Festival interceltique 2010 [Videos+diapo]

«Après le succès de cette année, il va falloir faire preuve d'imagination pour ne pas retomber brutalement de notre nuage», confiait, dimanche soir, un bénévole du Fil. Le directeur du Festival, LisardoLombardia, n'en manque pas, tout en gardant fermement les pieds sur terre. «Normalement, en 2011, l'invité d'honneur devait être mon pays, les Asturies. Mais en raison de la crise économique, il craignait ne pas avoir les moyens de tenir convenablement ce rang. Il a donc souhaité passer son tour», explique-t-il. L'occasion de s'ouvrir plus largement aux cultures d'origines celtes qui ont essaimé de par le monde.

Cultures métissées mais bien vivantes

«Ce sera donc l'année des diasporas celtiques. Je dis bien les diasporas. Car les mouvements migratoires que l'histoire de nos pays celtes de la façade atlantique a engendrés ont donné naissances à différentes communautés constituées, notamment en Amérique, mais pas seulement. Gallois en Patagonie, Asturiens ou Cornouaillais au Mexique, Galiciens en Argentine, Irlandais, Écossais et Bretons en Amérique du Nord : il s'agit de personnes implantées depuis des générations, qui restent attachées à la culture de leurs racines, revendiquent une identité celte, font vivre la musique et la langue de leurs origines». «Certaines communautés sont plus structurées que d'autres, celles que j'ai précédemment citées, notamment. Galiciens et Asturiens ont ainsi créé des centres de rassemblement qui entretiennent des liens forts et réguliers avec les pays de leurs racines. C'est vers elles que nous nous tournons pour montrer la réalité d'une culture celtique bien vivante, peut-être cachée, métissée, mais qui démontre une forte vitalité. C'est notre manière de faire face à la mondialisation».



Quant à la forme que prendra l'accueil des délégations, dont le nombre va forcément se multiplier, Lisardo Lombardia y réfléchit avec son équipe.

Un grand chapiteau mais où?

«Nous travaillons sur un projet de grand chapiteau commun à tous les pays invités. «Pour cela, il va d'abord me falloir connaître le plan des travaux prévus par la mairie pour 2011. «Depuis quelques années, différents chantiers nous ont forcés à nous déplacer, nous adapter. Nous savons déjà qu'à partir de 2012, il ne sera plus possible d'installer l'espace Marine sur la place d'arme. Il faudra trouver autre chose. Pour 2011, mon souci premier est donc de savoir où seront les trous».

  • Paskal Mazé

«La diaspora bretonne, un beau fantasme»



Claudie Poirier a organisé la FestYves pour le conseil régional en mai dernier. À ce titre, elle a établi des contacts avec les Bretons du monde entier. Pour elle, la diaspora bretonne est un «nécessaire fantasme».

Où les Bretons de la diasporasont-ils installés ?
On les retrouve principalement en Asie et dans les Amériques. J'ai des contacts en Chine, au Japon, au Vietnam en Thaïlande, à Singapour, à NewYork, Montréal, Buenos Aires et Sao Paolo. Il y a aussi des Bretons à Sidney, en Afrique... et plus près à Bratislava, Cork, Sligo, Londres, Barcelone, en Norvège et en Allemagne.

Sont-ils nombreux à revendiquer leur appartenance à la Bretagne et à entretenir des liens avec leur pays d'origine?
À la différence des diasporas irlandaise ou asturienne, la diaspora bretonne se caractérise par son atomisation. Dans la plupart des pays - sauf chez les Bretons de New York -, les liens avec la Bretagne ne sont entretenus que par quelques personnes. Il suffit qu'elles changent de profession ou qu'elles déménagent pour que le lien soit brisé.

S'agit-il de Bretons récemment installés à l'étranger?


Qu'en est-il de la deuxième génération?
La plupart des Bretons actifs au sein de la diaspora sont partis travailler à l'étranger. Ils ont entre 30 et 40 ans. Les autres sont issus sont de la première génération née sur place.

De quelle nature est leur relation avec la Bretagne?
La relation n'est pas génétique. La diaspora, c'est un fantasme dont on a besoin. Il permet le rayonnement international de la Bretagne. Les Bretons de la diaspora se sentent d'autant plus bretons qu'ils sont loin. À l'étranger, ils rencontrent d'autres diasporas. Et les comportements identitaires des autres leur donnent envie de conforter leur propre identité. Comme les Irlandais ont leur Saint-Patrick, les Bretons de la diaspora ont très facilement adhéré à l'idée d'une Fest Yves. Tous ont leur vision propre de la Bretagne. Elle est fonction de leur histoire personnelle. À Buenos Aires, ils sont passionnés par le répertoire de danse et musique traditionnels. Au Japon, les liens sont beaucoup plus économiques. À Brastislava, on parle davantage de cornemuse.

Quel est le bénéfice pour la Bretagne?
Autant les Bretons de la diaspora ont besoin de manifester leur attachement affectif à la Bretagne, autant la Bretagne a besoin d'eux, de leur regard et de leur connaissance du pays dans lequel ils vivent. Ce sont aussi eux qui nous apprennent à «vendre» l'image de la Bretagne. Ils stimulent notre capacité de projection. Ils nous donnent des ailes. Très souvent, ils sont prêts à favoriser les entreprises bretonnes à s'installer à l'étranger. La diaspora bretonne, c'est peut-être un fantasme, mais surtout pas un leurre.
  • Propos recueillis par Flore Limantour
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2 réactions

  • step...
    Les Bretons du Japon
    Et voici le site : www.bretonsdujapon.com
    Ajouté le 17 août 2010 à 11h11
  • clau...
    Relation biunivoque de Breizh et de la diaspora bretonne
    Une relation biunivoque entre deux ensembles est une relation qui à chaque élément du premier ensemble fait correspondre un élément et un seul du second. Si l'on a pu établir une telle relation, alors on est en droit d'assimiler les deux ensembles car on peut passer de l'un à l'autre de façon automatique en appliquant la table d'équivalence ou la règle explicitant la relation biunivoque. On peut considérer que les Bretons, dans leur immense majorité, pour des raisons culturelles et historiques que l'on a pas besoin de détailler, portent en eux deux vocations nationales: la bretonne et la diasporique, c'est à dire, au fond, la française. Elles ne sont jamais traitées sur le même niveau, ce qui est parfaitement normal, mais cette relation n'est pas biunivoque et, de fait, pénalise l'efficacité d'une coordination pourtant souhaitée par les deux groupes. La nationalité française de la diaspora bretonne est visible partout, elle est évidente, et se place d'emblée comme marqueur efficace d'altérité. Sans disserter sur les caractéristiques de cette nationalité et de ce qu'elle peut justement impliquer dans le rapport à la notion d'altérité (!), on constate que, sorti des frontières françaises, un Breton assume généralement parfaitement cette nationalité. Cette nationalité implique par ailleurs très fortement, voire consubstantiellement, un attachement fort à l'Etat, ce qui dans un contexte diasporique, implique une solidarité de citoyenneté, plus qu'une solidarité nationale. Par ailleurs, il faut souligner que les relations internationales ne sont vécues que sur un mode interétatique (confusion si courante anglais/britannique, exemple parmi tant d'autres) La nationalité bretonne de la diaspora, elle, est vécue de façon hirsute. Pour des raisons évidentes (perte de la langue pour les Bretons concernés, ignorance quasi totale de l'histoire de Bretagne, réflexe d'Etat) la nationalité bretonne se comporte à peu près exactement comme ce que la psychanalyse traditionnelle désigne comme l'inconscient, avec le lot de lapsus, d'actes manqués, qui viendrait en quelque sorte parasiter la visibilité lisse d'une nationalité française affichée. Ce refoulé national s'exprime également dans une sorte de rhétorique que nous qualifierons de poétique: autosatisfaction purement verbale d'être breton (cela n'est pas et ne peut pas être réellement vécu pour l'instant), nostalgie et amour déclaré du pays, dans les limites que lui réservent les clichés français (la mer, la gastronomie, un certain folklore, musical ou culinaire). Une place à part doit être réservé au discours économique ou technocratique: «la Bretagne est riche, compétitive, a réussi à s'en sortir...». Pour nous, il s'agit purement et simplement de légitimer avec les moyens du bord la résurgence individuelle de sa propre nationalité bretonne. Une sorte de lapsus travaillé, de sublimation rhétorique d'un sentiment qui de toutes façons, ne s'inscrit jamais dans le réel. Dans tous les cas, la relation entre Breizh et la diaspora est univoque et est délimité par les acteurs politiques, économiques, associatifs, identitairement corrects et déclarés représentatifs de la Bretagne, et les formules obligatoires ("nous sommes ouverts sur le monde", "nous nous intéressons à la diaspora"? "Le thème de la diaspora est très tendance","donnez-nous votre fichier d'adresses", etc.») qui rappelle la colonisation, la prière au chapelet ou la politesse conventionnelle. A qui s'adresse réellement ce discours? Il pourrait être utile de se demander si pour les Bretons expatriés, le marqueur d'altérité n'est pas plus important que le marqueur de la nationalité bretonne qu'ils utilisent. L'essentiel étant, ne l'oublions pas, de vivre, de s'insérer, de se démarquer, dans un contexte international où la nationalité française apporte alors tout ce dont l'expatrié peut avoir besoin (services consulaires, formalités administratives, sécurité, scolarité, santé). Dans le contexte général de la diaspora, on peut regretter le refoulement de la nationalité bretonne et ses conséquences, mais il faut bien reconnaître la difficulté pour le Breton de l'Étranger d'inscrire sa nationalité bretonne dans le réel. A cela deux raisons: i) la relative ignorance de la Bretagne des motivations et des réalités de la vie de l'expatrié ii) la relative condescendance des acteurs politiques, économiques, associatifs, déclarés représentatifs de la Bretagne vis a vis des Bretons de l'Etranger iii) hors des frontières de France, les bretons sont français. Dans un environnement francophone, la citoyenneté française devient même le seul critère apparent d'altérité. Les acteurs politiques, économiques, associatifs, déclarés représentatifs de la Bretagne ne devraient pas penser que les Bretons de l'Étranger souffrent du «syndrome de l'utérus» causé par l'éloignement de la Bretagne. Les Bretons de l'Étranger ne fantasment pas leur propre Bretagne. S'ils sont coupés des réalités quotidiennes bretonne, ils ne se réfugient pas pour autant dans la folklorisation de la Bretagne. Dans tous les cas, la nostalgie reste un phénomène individuel, et la Bretagne est une auberge espagnole. Si en Bretagne, le peu de tissu social breton, (et par là nous entendons aussi bien un réseau bancaire commun, un secteur de prospection pour un commercial, que les migrations des étudiants à Rennes ou à Nantes, voire France 3) peut forger un embryon de sentiment national, à l'étranger, il ne peut être que différent et plus préoccupée des réalités du pays d'accueil. Bref, encore plus qu'en France, être breton à l'Étranger ne sert strictement à rien, sauf si une réelle relation biunivoque s'instaurait entre les Bretons de Bretagne et les Bretons de la Diaspora. La préoccupation affichée de "faire la promotion d'un site dont l'objectif est de recruter les Bretons de l'étranger pour en faire des ambassadeurs" n'a aucun sens et ne peut, à l'étranger, évidemment pas exister, Le discours devient parfaitement inefficace. Le discours, dans un tel contexte, ne peut attirer que plus de «rêveurs» encore qu'ils n'en attirent en Bretagne. Adieu l'efficacité. Il nous semble que l'on retrouve ici ce qu'il y a de pire en Bretagne, du point de vue de l'inscription de l'identité bretonne dans le réel. Il nous semble qu'il y a un gros manque de discours. De la rhétorique poétique ou mythique, il faut passer à la rhétorique du business, au sens d'une pratique quasi culturelle, où la réussite des exportations bretonnes et les investissements bretons à l'étranger sont avant tout le marqueur d'une réussite nationale bretonne. On peut imaginer de faire de la communauté bretonne de la diaspora une sorte de plateforme stratégique opérationnelle, en ayant en tête que l'action commerciale et les pratiques utilisées ici apporteront des éléments de méthodes pour la Bretagne elle-même. Mais cette relation doit être biunivoque. Une diaspora? Oui, pourquoi pas. Mais c'est tout un tissu social à construire ou à reconstruire, des services à proposer (aide administrative, pallier la solitude, etc.), des aides pour les Bretons de l'Étranger à la création d'entreprises en Bretagne, des appuis logistiques et humains d'aides à l'exportation et notamment d'exportation de l'expertise bretonne. Claude Guillemain Réseau des Bretons de l'Etranger - RBE - Centre Phénicia Avenue Habib Bourguiba 2070 LA MARSA Tunisie Tel : + 216 71 778 379 Cell: + 216 21 835 359 E-Mail : rbe.international@gmail.com Website: http://rbe-suarl.com/ Skype: klaodgillamaen
    Ajouté le 17 août 2010 à 11h27

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