28 avril 2009
Réunis hier à Lorient, les membres du collectif «Maternelles en danger» annonçaient une occupation symbolique des écoles le 5mai.
Le 17avril dernier, Christian Derrien, maire de Langonnet et membre du collectif régional «Maternelles en danger» écrivait à Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale. Missive dans laquelle il reprenait la déclaration de l'Inspecteur d'académie du Morbihan lors d'une conférence de presse de présentation de la carte scolaire: «Le Morbihan a créé une maternelle à quatre niveaux au lieu de trois. Si bien que l'on fait régulièrement redoubler la petite section.» Une déclaration que le maire de Langonnet jugeait «polémiste et méprisante». La réponse du ministre ne s'est pas fait attendre. Elle est datée du 21avril. Xavier Darcos y rappelle que «la quasi-totalitédes enfantsbénéficient dès trois ans» de l'école maternelle, «et les enfants de deux ans continueront à être inscrits dès lors qu'il demeure des capacités d'accueil, ce qui ne change strictement rien à la situation actuelle». Dans ce courrier aussi, le ministre affirme que «les jardins d'éveil n'ont pas vocation à s'inscrire en substitution de la scolarisation à l'école maternelle». Pour Jacques Brillet du Snuipp 56, «on est dans une situation sociale particulière de crise et de difficultés qui tombent sur les jeunes ménages salariés. Ceux qui scolarisent leurs enfants dès deux ans car ils n'ont plus les moyens de les faire garder. On demande juste à l'inspecteur d'académie de regarder un peu la société actuelleet les gens percutés de plein fouet par la crise... Dans le débat, la lettre de Darcos est un progrès».
«Des stratégies comptables»
Autour de la table, les autres membres du collectif, qu'ils soient parents d'élèves ou élus, «expliquent «les minorations technocratiques des effectifs qui conduisent à des fermetures de classes.» «On est dans des stratégies comptables», souligne Marc Cozilis, le maire de Quéven. «On préfère annoncer une fermeture au lieu de dire qu'elle est envisagée s'il n'y a pas un certain nombre d'inscrits. C'est une manière de décourager les parents». «Des minorations dans les effectifs qui touchent tous les ans uniquement les maternelles et rarement les écoles élémentaires», souligne également Marie-Hélène Le Maux du Snuipp 22. Pour Florence Lamour, présidente d'une association de parents d'élèves à Pont-Scorff, «les inspecteurs d'académie essayent aussi de diviser les parents entre ceux qui inscrivent leurs enfants en filière bilingue où sont ouverts des postes, et ceux qui ne font pas ce choix.» Danièle Garnier, adjointe aux affaires scolaires de Lorient poursuit, «oui aux créations de classes bilingues mais pas aux dépens des monolingues qui vont se retrouver dans des classes surchargées». Quid de l'apprentissage? Une question que met aussi en avant Thérèse Thiéry, maire de Lanester. «Ce que l'on veut nous faire croire c'est qu'en maternelle, on n'apprend rien. Et ça commence à décourager les parents. Pourtant, c'est totalement faux.»
160 conseils municipaux ont voté une motion
Autant d'arguments que le collectif «Maternelles en danger» porte depuis plusieurs années et qui sont entendus puisqu'en quelques semaines plus de 160 conseils municipaux bretons ont voté une motion en faveur de la scolarisation des enfants de deux ans. Mais pour aller plus loin, une occupation symbolique des écoles sera organisée le 5mai prochain, à 17h, après les heures de classe.
Pontivy. Bruits de couloirs