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Manifestation. Les apiculteurs inquiets réunis à Bignan

31 janvier 2012

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Chaque année depuis quinze ans, les apiculteurs perdent 30 à 40% de leurs ruches. Mobilisés, hier à Bignan, ils ont souhaité tirer la sonnette d'alarme pour une réduction réelle des pesticides.

«On nous trompe depuis des années et on trompe les consommateurs en les berçant d'illusions. Les pouvoirs publics affirment qu'on a réduit les pesticides sur les cultures. Or, il n'en est rien. Non seulement le volume de doses ne baisse pas mais en plus, les produits utilisés aujourd'hui sont toujours plus puissants». La vingtaine d'apiculteurs réunis devant la station expérimentale du domaine de Kerguéhennec, à Bignan, hier, entendait bien dénoncer ce qui mène à la mort du métier.

Pour eux, le plan écophyto 2018 devait être une bonne chose en soi et s'inscrivait dans le sillage du Grenelle de l'environnement. Il avait pour objectif de réduire de moitié l'utilisation des pesticides. Mais, selon les apiculteurs, le résultat n'est pas celui escompté. «La réalité des faits est tout autre. Nous enregistrons+2,6% pour les traitements classiques et+7% pour les traitements des semences. Et ces derniers sont particulièrement désastreux pour l'environnement».

Un passage en force

Hier matin, les représentants du syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne s'étaient «invités» à la réunion de la commission agronomie du plan écophyto. Mais les membres de la chambre d'agriculture ont déploré la manière dont se sont passées les choses. «Nous avions invité une spécialiste des abeilles et j'avais souhaité instaurer le dialogue entre les apiculteurs et la commission. Mais ils nous ont forcé la main et ont envahi les lieux. Ce qui m'a choqué c'est la forme et non le fond», explique Alain Hindré, le président de la commission, qui a alors quitté les lieux.

Et de poursuivre: «Nous avons conscience des problèmes et nous soutenons certaines des demandes des apiculteurs. Avec Ludovic Fauvel, du groupement d'intérêt économique, et la commission, nous souhaitons mettre en place une réunion de travail qui se tiendra avant fin février sur le sujet».

  • Véronique Le Bagousse
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