9 juin 2009
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, était à Lorient, samedi, pour le congrès de l'union départementale.
Pour la journée du 13juin, Force ouvrière a choisi de ne pas suivre l'intersyndicale. Pourquoi?
Les journées de mobilisation n'apportent pas les fruits escomptés. Ces manifestations à répétition usent les salariés. Aujourd'hui, il y a une disproportion entre les revendications et les réponses qui y sont apportées. Nous avons dû batailler deux mois pour le rétablissement de l'indemnité d'équivalence retraite. Un dispositif qui permet aux travailleurs sans emploi de moins de 60 ans et qui ont cotisé suffisamment de toucher une indemnité en attendant de toucher la retraite. Une mesure qui coûte 70millionsd'euros alors que les banques ont obtenu des milliards, en quelques jours.
FO envisage-t-elle donc de radicaliser les modes d'action?
Il ne s'agit pas de radicaliser, mais FO ne va pas s'engager dans des mouvements à répétition. Il est nécessaire de monter d'un cran. Nous souhaitons maintenant que les organisations appellent à une journée de grève franche. Si le pays est bloqué pendant 24heures et que le gouvernement ne bouge pas, alors il prendrait une véritable responsabilité.
Vous avez participé au congrès départemental. Les organisations comme la vôtre ne souffrent-elles pas d'une désaffection?
Pas du tout. Il y a un fort renouvellement parmi les jeunes. C'est une tendance générale. C'est un peu la suite du papy-boom. Ici, le nouveau secrétaire a 40 ans. Évidemment, ce n'est pas facile pour des jeunes qui connaissent la précarité de se syndiquer. Dans ce contexte de crise, c'est le moment d'avoir une discussion sur les éléments de fond que l'on veut changer.
