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Le train dans le Morbihan. Une histoire épique

22 juin 2012

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Quand sont arrivés les premiers trains dans le Morbihan? Quelles furent leurs conséquences. Cette petite histoire du rail est racontée aux archives départementales à Vannes.

Le 21septembre 1862, ce jour-là, c'est la fête à Vannes et à Lorient. Les deux villes morbihannaises voient, en effet, arriver les premiers trains. Il était temps car le rail avait commencé à se développer depuis 1842 mais l'État avait écarté la Bretagne de son premier plan national du chemin de fer. Le «Far West» va donc attendre vingt ans avant de connaître ce qui se révélera vite comme un formidable accélérateur de croissance. Il fallait alors compter une semaine pour un aller-retour à Paris et seizeheures pour faire Lorient-Nantes, de quoi admirer le paysage à cheval ou en charrette. Le 18décembre 1864, c'est au tour de Napoléonville (Pontivy) d'accueillir son premier train. En 1884, on compte 280 kilomètres de lignes dans le département mais comme l'État traîne les pieds, là encore, pour étendre le réseau, le conseil général décide de faire à ses frais neuf lignes secondaires.

L'explosion économique

L'exposition qui s'est ouverte, hier, aux archives départementales du Morbihan, à Vannes, raconte un siècle d'histoire du rail dans le département, avec ses prouesses de construction comme le viaduc du Scorff ou le passage des marais de l'Oust, avec sa diversité de métiers aussi (ouvriers du chemin de fer, chef de gare, mécanicien, aboyeur qui annonce les départs et arrivées,etc.), avec ses gares principales et secondaires, ses tamponnements d'animaux, ses accidents:trois morts suite à un déraillement en 1938 entre Radenac et Réguiny, par exemple. Mais surtout avec le développement économique qui s'ensuivra. «Le chemin de fer va désenclaver de manière spectaculaire le Morbihan, il va dynamiser tous les secteurs de l'économie morbihannaise: l'agriculture, la pêche, les ports, l'énergie charbonnière, les forges d'Hennebont», souligne le service des archives départementales du Morbihan qui a préparé cet historique. Des premiers trains à marée vont partir de Lorient à 13h pour arriver à Paris à 3h. Sans oublier le développement touristique et Sainte-Anne-d'Auray, qui voit les pèlerins affluer. Mais un modernisme peut en cacher un autre. En 1939, le conseil général du Morbihan a dû prendre la décision de fermer ses lignes secondaires, devenues déficitaires. Un redoutable concurrent était né: la voiture. Pratique

«Sur les rails du Morbihan: 1850-1947», du lundi au vendredi, de 9h à 17h30, 80,rue des Vénètes. Entrée libre.

  • Gabriel Simon
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