15 février 2012
Plus de 110 chèques émis entre le 22janvier 2009 et le 31décembre 2010, alors qu'elle était interdit bancaire. «Ce qui dérange, c'est la proportion. D'habitude, c'est un chéquier, souvent entamé», a noté le président du tribunal de Vannes, Jean-Yves Cavaud. Les victimes de la prévenue, une Rennaise de naissance, âgée de 47ans, sont essentiellement des commerçants morbihannais, mais aussi des Côtes-d'Armor et d'Ille-et-Vilaine. Ils sont 93 autotal. Durant cette période, elle a gardé cinq chéquiers et continué à émettre des chèques comme si elle avait encore un compte à la banque. «Quand on fait l'addition, cela représente plusieurs dizaines de milliers d'euros. Ça s'appelle de l'escroquerie. Il y a des chèques pour la vie courante et d'autres un peu plus dérangeants, à l'attention de votre fille notamment, pour des montants importants», poursuit le président Cavaud.
Six mois de prison avec sursis
Sans emploi, la prévenue vivait à Muzillac au moment des faits. Elle s'était installée avec un Muzillacois, contre qui elle a, depuis, porté plainte. «Elle est tombée dans une spirale. Tous les désirs de ce monsieur, qu'elle a rencontré en 2009, étaient des ordres», relève son conseil, Me Alexandra Nocovitch. L'aider à ouvrir un commerce en faisait partie, contre deux chèques de près de 40.000 EUR chacun. La prévenue est parvenue à rembourser les gros montants. Reste les commerçants: restaurant, boucherie, grande surface, fromagerie, horticulteur, etc. Ce qui fait dire au procureur, Aurore Carpentier, qu'elle a «une indemnisation sélective». La représentante du ministère public requiert une peine de quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal a été plus loin en la condamnant à six mois de prison avec sursis et l'obligation d'indemniser ses victimes.