9 janvier 2012
Après le crabe poilu de l'Atlantique-Sud, voilà qu'un pêcheur nord-finistérien nous présente l'araignée bleue du nord-est de l'Ile de Batz(29). Mais point de spécimen inconnu dans ce cas, explique le chef du Pavillon tempéré d'Océanopolis, à Brest. «Cette anomalie chromatique chez les crustacés nous arrive régulièrement, explique Sébastien Cadiou, chef d'équipe du Pavillon tempéré d'Océanopolis: araignée blanche ou bleue, homard rouge (avant la cuisson). Il faut savoir que la couleur de la carapace de ces crustacés provient d'un pigment (l'astaxanthine) et d'une protéine (la béta-crustacyanine). Lorsque la molécule d'astaxanthine est attachée à la protéine, sa couleur est bleue. Lorsqu'elle est libre, sa couleur est orange». Dans le cas de l'araignée bleue, «toutes les molécules d'astaxanthine sont liées à la protéine». De même, explique-t-il: «Les variations de couleur des homards dépendent de la proportion d'astaxanthine libre ou attachée dans la carapace. La chaleur, la cuisson par exemple, déforme la protéine ce qui empêche la liaison avec l'astaxanthine. Du coup, homards et araignées sont rouges une fois cuits».