18 juillet 2008
Le collectif pour la protection de l'ibis de Bretagne a déposé, hier soir, une pétition de près de 900 signatures pour la défense de cet oiseau dont la régulation est autorisée par un arrêté d'avril 2008.Une délégation du collectif pour la protection de l'ibis de Bretagne s'est rendue à la préfecture, à Vannes, hier, à 18 h, pour y déposer une pétition de 885 signatures (*), accompagnées d'une cinquantaine de pages de commentaires et du rapport d'un chercheur du CNRS.
Au coeur de son combat, ce grand oiseau d'Afrique subsaharienne, introduit en France dans les années 80, à partir de parcs zoologiques.
La régulation de sa population dans le golfe du Morbihan a été autorisée par un arrêté du 22 avril 2008 au grand dam du comité et le recours gracieux pour obtenir le retrait de l'arrêté a été rejeté.
« Aucun cas de prédation démontré »
Le collectif n'hésite pas à parler de « xénophobie » à l'encontre de l'ibis sacré. Pour Varban Christov et Bertrand Déléon, porte-parole du CPIB, l'ibis sacré n'est pas une espèce invasive et ses populations se stabilisent voire diminuent dans certaines zones. Avocats de cette espèce, ils plaident son innocence : « Aucun cas de prédation n'est démontré et l'espèce est protégée par la convention de Berne ».
Ils ajoutent que sa destruction par tirs en période de nidification est catastrophique pour toutes les espèces protégées : ramassages des cadavres, bruits, propagation de maladies dues à la décomposition des cadavres non ramassés... Ils soupçonnent que d'autres intérêts motivent ces « choix radicaux » : lobbies, pression immobilière...
5.000 ibis
un chiffre « arbitraire »
Sur l'évaluation du nombre d'oiseaux, le collectif montre là aussi son désaccord : « Il n'y a pas eu de nouveau comptage de l'ibis, et le chiffre donné de 5.000 est arbitraire. Les chiffres actuels sont donnés par des partisans de l'éradication ». Pour Bertrand Déléon, l'ibis sacré est le coupable idéal.
* Parmi ces signatures, celles d'un spécialiste égyptien de l'Ibis.
