5 septembre 2008
Confrontés à la surmortalité des huîtres juvéniles et aux problèmes financiers, les ostréiculteurs ont manifesté, hier, à Vannes. Ils ont aussi rassuré le public en procédant à des distributions.
Un étal copieusement garni devant les grilles de la préfecture, des sacs d'huîtres offerts aux passants et aux automobilistes dans le centre-ville... La manifestation des ostréiculteurs de Bretagne-Sud, hier matin, à Vannes, s'est faite avec le sourire et dans la convivialité.
Mais leur inquiétude n'en est pas moins réelle... Le mal mystérieux qui décime les huîtres juvéniles cause des ravages dans les parcs (jusqu'à 80 % de pertes) et menace dangereusement l'équilibre financier des entreprises ostréicoles (*). Les stocks de juvéniles morts qui ont été achetés vont devoir être remplacés au plus vite pour limiter les conséquences sur les stocks dans les trois ans à venir.
Une dizaine de mesures concrètes réclamées
Le gouvernement a bien promis des aides, mais le collectif des syndicats ostréicoles les juge insuffisantes : « C'est quasiment rien. C'est un report de charge, une remise sur redevance domaniale », déplore Philippe Le Gal, président du syndicat des ostréiculteurs de la rivière de Pénerf.
Les ostréiculteurs veulent beaucoup plus et demandent l'application d'une dizaine de mesures concrètes comme l'exonération des charges sociales et des redevances domaniales, obtenir des prêts bonifiés à moyen terme et des aides pour le réensemencement de juvéniles, la mise en oeuvre de la procédure de calamité agricole et la possibilité de chômage partiel ou économique...
Des mesures qui figurent en bonne place sur la motion que Philippe Le Gal, a remis, hier, à Victor Devouge, directeur de cabinet du préfet. La délégation ne s'est pas présentée les mains vides : Philippe Le Gal a offert au représentant de l'état un magnifique plateau d'huîtres !
« Le produit est sain »
Au même moment, un groupe d'ostréiculteurs partait en direction de la rue du Méné pour distribuer des sacs d'huîtres aux passants. Histoire de rappeler au public que leur produit est sain... Car le doute subsiste encore dans l'esprit des gens : « Elles ne sont pas malades ? », a demandé une automobiliste en recevant son sac... Un doute que les ostréiculteurs veulent à tout prix effacer face à une baisse de la consommation de 30 %.
Le collectif des syndicats devrait être reçu par le préfet ce matin à 9 h. D'autres actions ne sont pas à exclure, notamment au Festival de l'huître, à Auray, et au Space à Rennes.
21 mai 2012 à 18h30
21 mai 2012 à 10h27